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Aux JO, des bateaux d’aviron plus polluants qu’ils en ont l’air

[D'où viennent les objets des sports olympiques ? 2/4] Après s'être penché sur les épées d'escrime, L'Usine Nouvelle s'intéresse aux bateaux d'aviron. Ceux qui navigueront cet été dans le stade nautique de Vaires-sur-Marne (Seine-et-Marne) à la poursuite d’un titre olympique seront majoritairement sortis d’usines européennes. En Isère, le fabricant français Liteboat a abandonné la fabrication classique des embarcations au profit d’une technique plus écologique.

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A Pontcharra (Isère), Liteboat emploie une dizaine de salariés pour construire ses bateaux d’aviron.

Discipline olympique depuis les jeux d’Athènes en 1896, l'aviron est souvent associé aux championnats qui voient s’affronter les universités anglaises et américaines. Mais ce n’est pas le monde anglo-saxon qui produit la majorité des embarcations qui concourront aux JO de Paris 2024 : les bateaux olympiques viennent pour la plupart d’Allemagne et d’Italie.

Sur les cinq équipages d’aviron français qualifiés pour les Jeux de Paris, quatre seront équipés par l’italien Filippi, et le cinquième par l’allemand Empacher, deux des plus grands fabricants mondiaux de bateaux. Ce sont eux qui fournissent leurs embarcations aux rameurs qui s’affronteront sur une distance de 2000 mètres au stade nautique de Vaires-sur-Marne, seuls ou en équipes de deux, quatre ou huit.

C’est donc en Europe que sont produits la plupart des bateaux de compétition, ce qui explique leur prix très élevé, jusqu'à plus de 10 000 euros pour un skiff (une embarcation individuelle) par exemple. Beaucoup de rameurs se tournent vers des embarcations d’occasion ou se fournissent en embarcations d’entraînement chez des fabricants chinois. Ces derniers profitent d’une main-d’œuvre à bas coût pour pratiquer des prix plus abordables.

Une fabrication dangereuse pour l’environnement et la santé

C’est sur le marché du loisir que s'est positionné le fabricant français Liteboat à sa création en 2012 à Pontcharra (Isère). L'entreprise n’a pas de clients olympiques, mais construit des bateaux pour des particuliers et des clubs. Stables, légères et facilement maniables, «nos embarcations visent à rendre l’aviron plus accessible en permettant à des personnes qui ont des problèmes de santé de le pratiquer», précise Mathieu Bonnier, le fondateur dont l'entreprise exporte 85% de sa production à l’étranger.

Les bateaux de Liteboat doivent également leur spécificité à leur technique de production, qui se revendique moins polluante et moins coûteuse que le processus le plus courant. «Les embarcations olympiques sont constituées de tissu en fibres de carbone, sur lequel on applique de la résine avant de le congeler, décrit Mathieu Bonnier. Du nid d’abeille ou de la mousse est ensuite placé entre deux tissus, et le tout est mis sous vide puis chauffé à 120°C». Le résultat : un bateau remarquablement rigide et léger, certes, mais «peu écologique, puisque le carbone est un dérivé du pétrole et que l'embarcation est passée par un congélateur et un four gourmands en énergie». De plus, la résine manipulée par les fabricants peut s’avérer nocive pour l’être humain.

Liteboat fabrique ses bateaux à sec, pour éviter toute pollution chimique : «la résine est injectée dans des assemblages de tissus sous vide, sans contact avec le personnel», détaille Mathieu Bonnier. Cette technique de fabrication par infusion permet à l’entreprise alpine de produire des bateaux plus abordables que les géants italien et allemand : «nos skiffs coûtent environ 5000 euros, soit deux fois moins que ceux produits par Empacher et Filippi», précise le fondateur de Liteboat.

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