Aux Antilles, l’Etat et CMA CGM investissent 336 millions d’euros pour booster le trafic de conteneurs

La puissance publique s’est engagée le 19 décembre à réaliser plus de 250 millions d’euros de travaux dans les ports de la Guadeloupe et de la Martinique. Il s’agit d’accompagner le développement de CMA CGM dans cette zone stratégique.

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CMA CGM transport maritime marchandises
Le calendrier prévoit une mise en service progressive des installations à partir de début 2025 pour un déploiement complet à l’automne 2025.

CMA CGM peut se réjouir. L’Etat a fini par réunir les financements nécessaires pour permettre aux Grands ports maritimes de la Guadeloupe et de la Martinique d’accueillir ses sept futurs navires d’une capacité doublée (plus de 7 000 conteneurs) qu'il déploiera entre le Havre et les deux îles en 2025. Le troisième armateur mondial entend faire transiter à terme 300 000 conteneurs supplémentaires sachant qu’en 2022 le trafic de ces deux grands ports d’outre-mer a plafonné à 427 000 EVP. «Cette place géographique est capitale pour nous, explique son PDG Rodolphe Saadé, à partir de cette zone-là, vous arrivez à arroser la zone Caraïbes et Amérique centrale».

On comprend donc le sens de l’accord pour la mise en place du grand projet de hub des Antilles signé le 19 décembre à Paris au ministère délégué aux Outre-mer entre le gouvernement représenté par trois ministres et le PDG de CMA CGM. «Le montant total du projet est estimé à 336 millions d’euros dont 257 millions d’euros pour les infrastructures sous maîtrise d’ouvrage public», précise un communiqué commun. C’est un «investissement historique, partenariat et massif» ajoute Clément Beaune, le ministre délégué aux transports. Le calendrier prévoit une mise en service progressive des installations à partir de début 2025 pour un déploiement complet à l’automne 2025. «Les terminaux seront agrandis avec des aménagements sur les parcs à conteneurs, des acquisitions d'outillage et d'engins de manutention dont l'ajout de cinq nouveaux portiques».

Un corridor décarboné entre les Antilles et l’Europe

Revenant à l’Etat, aux établissements publics portuaires, et aux collectivités, les travaux d’infrastructures conditionnent ceux de l’armateur, et comprennent l’allongement des quais et l’installation de stations d’avitaillement des navires, qui seront propulsé au biogaz. L’objectif étant de créer un corridor décarboné entre les Antilles et l’Europe. La somme apportée par l’Etat et les deux collectivités réunira également des financements du Fonds européen de développement régional et probablement du Mécanisme pour l'interconnexion en Europe.

A l’initiative du projet, CMA CGM s’impatientait de voir l’Etat jouer sa partition et les conseils d’administration des deux grands ports s’engager sur des investissements. L’armateur a agité le risque de desservir certaines destinations comme la Guyane en zappant les Antilles. «On aurait aimé que ce soit plus rapide, convient Clément Beaune, mais au final, tous les acteurs ont été mobilisés [...] et l'Etat a répondu présent rapidement avec plusieurs dizaines de millions».

«Que l’Etat, les collectivités et le groupe CMA GMA puissent développer deux hubs en Martinique ou en Guadeloupe en augmentant le linéaire des quais, et donne la possibilité de pouvoir accueillir des navires de grande taille, c'est vraiment le sens de l'histoire», résume Rodolphe Saadé promettant des recrutements sur les terminaux. Et d’ajouter : «On amortit nos navires sur 25 ans et si les infrastructures le permettent, nous n’excluons pas de nous développer d’avantage».

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