Depuis le 7 décembre, les skieurs qui s’adonnent à leur passion sur le domaine des 2 Alpes, dans l’Isère, ne mettent plus que 17 minutes pour en rallier les deux extrémités, contre une quarantaine auparavant. Le Jandri, le téléphérique qui relie le centre de la station à 1650 mètres jusqu’au bas du glacier situé à 3200 mètres d’altitude, a été reconstruit sous la forme de télécabines tricables (deux câbles fixes et un câble tracteur), pour un montant de 148 millions d’euros.
Conçu par le français Poma, le nouvel équipement, baptisé 3S Jandri, remplace un téléphérique vieux de quarante ans. Il assurera une liaison longue de 6,4 km à l’aide de 52 cabines (avec un modèle dessiné par Pininfarina), pour un débit de 2800 à 3000 personnes par heure, doublé par rapport à l’ancienne infrastructure, «même par des vents de 100 km/h», se satisfait son constructeur. Il s’agit de la première installation pouvant avancer à une vitesse de 8 mètres par seconde, soit 28,8 km/h.
7 pylônes au lieu de 17
Le nouveau modèle s'annonce aussi un peu plus performant que l'ancien d'un point de vue environnemental. Poma promet une réduction de 5% de la consommation électrique grâce à une nouvelle double motorisation, tandis que l’approvisionnement en énergie est assurée au moyen d’une source hydroélectrique. Pis, 7 pylônes sont désormais en place, contre 17 auparavant. Un système de récupération de la chaleur généré par les machines a été installé, afin de chauffer des bâtiments.
La construction des trois gares a quant à elle été effectuée à l’aide de structures mélangeant béton et bois, ou plus précisément du lamibois, un matériau composé de placages de bois résineux fourni par le finlandais Metsä Wood. Ce matériau de construction permet notamment de répondre à des sollicitations importantes, dont de forts vents. Une charpente métallique, elle aussi recyclable, a été privilégiée pour la gare la plus haute.
Reste que l'on peut s'interroger sur l'opportunité d'un tel investissement à l'heure du réchauffement climatique. Le nouvel équipement, par son altitude, vise à capter un public contraint de délaisser les stations de basse montagne, faute de neige naturelle. Une fuite en avant, diront certains. D'après la Cour des comptes, seules «quelques-unes» des stations de ski françaises pourraient pouvoir continuer leur activité après l'année 2050... «Ce projet est une signature pour les 50 ans à venir», répond la direction des 2 Alpes.




