Au salon de Dubaï, Airbus maintient sa prévision d’un besoin de 39 000 nouveaux avions dans les 20 ans

Airbus table sur un besoin de 39 000 nouveaux avions d’ici 20 ans, identique à ce qu'il avait estimé deux ans plus tôt. Un dynamisme qui s’explique par le renouvellement accéléré des flottes.

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Airbus A321neo Aegan Airlines
Le ciel reste bien dégagé pour Airbus, en particulier son A321neo. L'avionneur table sur un besoin de 39 000 nouveaux avions d'ici 20 ans... (copyright Airbus, photo Stefan Kruijer)

L’événement ne pouvait pas mieux commencer. A la veille du salon aéronautique de Dubaï (14 au 18 novembre), premier grand événement du secteur depuis le début de la crise du Covid-19, Airbus a dévoilé des estimations de marché promptes à redonner le sourire aux industriels. L’avionneur européen fait savoir ce samedi 13 novembre qu’il misait sur le besoin de 39 000 nouveaux avions, passagers et fret, d’ici 2040.

Surprise : il y a deux ans, Airbus avait réalisé exactement la même prévision.

La crise historique que traverse le transport aérien est-elle donc sans conséquence sur la demande des compagnies aériennes ? Début d’explication : malgré les deux mauvaises années passées, le trafic aérien mondial devrait très vite retrouver un rythme de croissance de 3,9%. «Les classes moyennes, qui sont les plus susceptibles de prendre l'avion, augmenteront de deux milliards de personnes pour atteindre 63 % de la population mondiale», chiffre l’avionneur.En d’autres termes, la crise ne devrait pas remettre en question les besoins de voyages en avion dans le monde sur le long terme.

Le renouvellement des flottes s'accélère

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Surtout, comme à chaque crise que traverse le secteur, on observe une accélération du renouvellement des flottes. Les compagnies aériennes sont soucieuses, quand les finances sont au plus mal, de se défaire de leurs plus vieux appareils, plus gourmands en kérosène et plus chers à entretenir. Les 39 000 nouveaux avions estimés par Airbus comprennent 15 250 appareils de remplacement, contre 14210 dans l’estimation de 2019. Le reste des appareils, soit 23 750 avions, répondent au besoin de croissance, soit un chiffre en deçà de ce qui avait été projeté en 2019 (25 000 avions).

Dans le détail, Airbus table sur le besoin de 29 700 petits avions de type A220 et A320, de 5000 avions intermédiaires tels que l’A321XLR et l’A330neo, et de 4000 long-courriers comme l’A350. L’avionneur mise aussi plus que jamais sur le fret, autre facteur expliquant son optimisme apparent : poussé par l’e-commerce, ce segment pourrait connaître une croissance annuelle de 4,7% pour sa partie express (75% du marché) et de 2,7% pour le cargo. Soit au final un besoin pour 880 nouveaux avions de fret sur 20 ans, ce qui porterait la flotte à 2440 appareils.

Le fret, plus que jamais porteur

Pour optimistes qu’elles semblent, les prévisions d’Airbus sont au passage légèrement en dessous de celles dévoilées mi-septembre par Boeing. Pour les deux prochaines décennies, l’estimation de Boeing est de 43 500 avions neufs. Le léger écart s’explique d’abord par la prise en compte par l’américain des avions régionaux de moins de 100 places, soit 2390 appareils. Pour le reste, les chiffres sont très semblables, voire un peu plus élevés que ceux d’Airbus : 32 660 monocouloirs, 7670 long-courriers et 890 avions dédiés au fret.

Corollaire de cette forte demande d’avions qui s’annonce, les besoins de main d’œuvre pour assurer leur exploitation seront de plus en plus importants. Un marché des services toujours évalué à 4800 milliards de dollars (4200 milliards d’euros) pour les vingt années à venir. Ce qui impliquera en particulier le besoin pour 550 000 nouveaux pilotes et pour 710 000 techniciens hautement qualifiés supplémentaires. Pour peu que le secteur fasse toujours rêver, il continuera de recruter à tour de bras.

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