Malgré la pandémie, Boeing revoit ses prévisions de marché à la hausse

Boeing table sur un marché de l’aéronautique et de la défense de 9 000 milliards de dollars sur 10 ans. La demande mondiale en avions commerciaux pour les deux prochaines décennies serait de 43 500 avions neufs.

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Boeing 737 MAX 10 premier vol
Boeing table sur un marché de l’aéronautique et de la défense de 9 000 milliards de dollars sur 10 ans.

La pandémie mondiale et le péril climatique n’arrêteront pas l'aéronautique. C’est ce dont est persuadé Boeing, qui a dévoilé mardi 14 septembre ses prévisions annuelles de marché. Un chiffre résume cet optimisme : 9 000 milliards de dollars (7 600 milliards d’euros). C’est le montant que pourrait atteindre les marchés de l’aviation commerciale, de la défense et des services au cours de la prochaine décennie. Un niveau supérieur à celui envisagé en 2020 (8 500 milliards de dollars) et même à celui imaginé avant-crise, en 2019 (8 700 milliards de dollars).

Comment expliquer ce vent d’optimisme de la part du géant américain? D’abord, par la croissance qui ne devrait pas faiblir de la part de l’aviation commerciale, portée par une croissance du trafic passagers de 4% par an en moyenne. Alors que les vols intérieurs vont servir de moteur à la reprise au gré de la levée des restrictions sanitaires, les vols long-courriers devraient, selon l’avionneur, retrouver leur niveau d’avant-crise d’ici 2023 ou 2024. Un retour rapide vers le chemin de la croissance qui a pour conséquence un besoin en nouveaux avions.

Des prévisions revues à la hausse

Boeing table sur une demande mondiale de 19 000 avions neufs sur 10 ans, et de 43 500 avions neufs sur 20 ans, soit respectivement un marché de 3 200 milliards de dollars et de 7 200 milliards de dollars. De quoi faire passer la flotte mondiale de 25900 appareils à 49405 appareils d'ici 20 ans, en prenant en compte les besoins de renouvellement. Des projections qui incluent les avions régionaux, les courts et moyen-courriers, les long-courriers et les avions dédiés au fret. Cette estimation long terme est certes inférieure à celle dévoilée en 2019, avec alors un demande estimée à 44 040 avions, mais supérieure à celle établie en 2020, avec 43 110 avions.

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Sans surprise, c’est le segment des monocouloirs – les Airbus A320 et les Boeing 737 – qui représente la majeure partie de ce marché à 20 ans, avec un total estimé de 32 660 appareils. « Ce type d’avion continuera de représenter 75% des livraisons effectuées au cours des 20 prochaines années », anticipe Boeing dans son communiqué. Le reste du gâteau sera partagé par les avions régionaux (2 390 avions), les gros porteurs (7 670 avions) pour lesquels les projections sont en baisse de 8% par rapport à celles de 2019, ainsi que les gros porteurs cargo (890 avions).

Une bonne santé prévisible sur le long terme, selon Boeing, et qui justifiera des besoins en main-d'oeuvre élevés. Pour l'avionneur, plus de 2,1 millions de personnes seront nécessaires pour piloter et assurer la maintenance de la flotte commerciale mondiale pour les 20 prochaines années. A savoir: 612 000 pilotes, 626 000 techniciens de maintenance et 886 000 membres du personnel naviguant commercial (PNC).

Le fret a le vent en poupe

Au-delà du trafic passagers, le fret devrait lui aussi faire montre d’une certaine vitalité. «La demande soutenue en transport de marchandises par avion étant liée à l’expansion du commerce électronique, ainsi qu’à la rapidité et à la fiabilité du fret aérien, l’étude prévoit que la flotte mondiale d’avions cargo sera 70% plus importante en 2040 qu’avant la pandémie », explique l’avionneur.

Un dynamisme de l’aviation commerciale qui a pour corollaire un marché des services lui aussi potentiellement juteux. Boeing prévoit un marché de 3 200 milliards de dollars (2 700 milliards d’euros) d’ici à 2030, réparti entre celui de l’aviation commerciale, de l’aviation d’affaires et générale (1 700 milliards de dollars) et celui des services gouvernementaux (1 500 milliards de dollars). Plus en avance qu’Airbus sur ce créneau, Boeing espère arracher une bonne part de ce marché.

Le spatial et la défense en pleine forme

Et l’avionneur américain de fournir quelques éléments d’explications: «La demande en services de formation affichera une hausse à court terme en raison de la transition du personnel vers de nouveaux types d’avions, du maintien des certifications et des retours en activité post-pandémie. La demande de services liés à l’exploitation des avions — maintenance, pièces détachées et chaîne des fournisseurs — continuera à suivre le rétablissement du marché ».

Enfin, les experts prévisionnistes de Boeing imaginent que les marchés de la défense et de l’espace représenteront un volume de 2 600 milliards de dollars (2 200 milliards d’euros) pour la prochaine décennie. « Vastes et stables, les marchés de la défense et de l’espace bénéficient d’une demande durable nourrie par des enjeux de géopolitique et de sécurité, justifie l’industriel. À cet égard, 40% des dépenses devraient provenir de l’extérieur des États-Unis ». Une estimation supérieure à celle de 2019, établie alors à 2 500 milliards de dollars (2 100 milliards d'euros).

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