Au Japon, des chercheurs donnent vie à une création mi-robot mi-rat

[L’industrie c’est fou] Une équipe de scientifiques de l’université de Tokyo (Japon) a mis au point un robot bipède dont les muscles des jambes ont été conçus à partir de cellules de rats. Il est le premier automate du genre à pouvoir pivoter et effectuer des virages serrés. Un grand pas en avant pour la recherche sur la robotique biohybride.

Robot biohybride
L’équipe de l’université de Tokyo est parvenue à faire avancer ce robot à une vitesse de 5,4 millimètres par minute.

Voilà une annonce digne d’un film de science-fiction. Des chercheurs de l’université de Tokyo (Japon) sont parvenus à concevoir un robot… vivant. Que les robophobes se rassurent immédiatement, l’engin n’a rien à voir avec Ameca, l’humanoïde ultra réaliste (ou ultra terrifiant, selon les sensibilités) de la start-up britannique Engineered Arts. Celui-ci consiste en deux jambes biohybrides (c’est-à-dire constituées de muscles vivants) créées à partir de cellules de rats. Dans le détail, le petit automate, qui ne peut se déplacer que sous l’eau car celle-ci hydrate ses muscles en continu, est constitué d’un flotteur qui le maintien en position verticale, et de jambes imprimées en 3D constituées de substrats flexibles.

5,4 millimètres par minute

L’automate est le premier du genre à pouvoir pivoter. Une qualité très intéressante selon Cell Press, la maison d’édition qui publie Matter, la revue scientifique dans laquelle est parue l’étude le 26 janvier. «La capacité à pivoter et à effectuer des virages serrés est essentielle pour que les robots puissent éviter les obstacles.» Le robot avance grâce aux impulsions électriques qui sont envoyées à ses jambes et qui permettent de contracter ses muscles. Pendant leur étude, l’équipe de l’université de Tokyo est parvenue à le faire avancer à une vitesse de 5,4 millimètres par minute. L’engin a également effectué une rotation à 90 degrés en 62 secondes. Mieux vaut donc s’armer de patience pour admirer ses mouvements !

A l’avenir, les scientifiques comptent rendre leur bipède plus agile et puissant en le dotant d’articulations et de tissus musculaires plus épais. Surtout, ils ambitionnent de l’équiper d’un système d’alimentation en nutriments pour qu’il puisse évoluer à l’air libre. Pour eux, cette recherche pourrait dès à présent «ouvrir la voie à une imitation plus poussée des subtilités du mécanisme de la marche humaine dans le développement de la robotique biohybride». 

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