Au Havre, Siemens Gamesa s'agrandit et fait respirer la filière de l'éolien en mer

Le ministre de l'Industrie et de l'Energie Marc Ferracci s'est rendu le 17 février à l'usine Siemens Gamesa du Havre (Seine-Maritime) pour la première pierre de l'extension du site, qui fait le pari d'éoliennes plus puissantes et compétitives, dans un paysage européen en souffrance.

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AFP NE PAS REUTILISER première perre extension Siemens Gamesa Ferracci
Le ministre de l'Industrie et de l'Energie Marc Ferracci lors de la pose de la première pierre de l'usine Siemens-Gamesa du Havre le 17 février 2025

Un encouragement bienvenu pour l'éolien en mer. Le ministre de l'Economie Marc Ferracci s'est rendu au Havre, ce 17 février, pour la pose de la première pierre de l'extension de l'usine Siemens Gamesa. En poussant les murs, l'industriel va «produire des pales plus longues, plus grandes qu'aujourd'hui», a indiqué le ministre. Cap sur des équipements de 115 mètres de long afin d'équiper des éoliennes nouvelle génération de 14 MW. Un investissement de 200 millions d'euros pour l'opérateur germano-espagnol.

Actuellement, Siemens Gamesa fabrique des nacelles d'éoliennes et des pales de 75 et 81 mètres pour des machines de 8 MW, déjà en service sur les premiers parcs, comme FécampSaint-Brieuc et prochainement Courseulles-sur-Mer (en dépit de travaux de forage complexes qui engendrent quelques retards) Dieppe-Le Tréport et Yeu-Noirmoutier. Les premières pales sont d'ailleurs arrivées à Saint-Nazaire en décembre 2024.

L'extension de l'usine havraise de près de 80000 m² est un beau symbole. Ces pales, qui seront parmi les plus longues du monde, sont destinées à des parcs d'avenir. Un mot que la filière avait sans doute besoin d'entendre alors que les fabricants européens font face aux vents contraires (hausse des coûts, pression sur les prix de vente, difficultés d'approvisionnement, projets en suspens, réglementation...) et à la concurrence, chinoise notamment. À l'automne 2024, GE Vernova avait annoncé 360 suppressions de postes en Loire-Atlantique pour améliorer sa rentabilité. 

170 millions d'euros de soutien public

Marc Ferracci a profité de son déplacement pour marteler le soutien de l'Etat. Financier, tout d'abord pour accompagner le développement de ces turbines plus puissantes (170 millions d'euros de soutien public au total depuis le début du projet) ; énergétique avec l'ambition d'atteindre 18 GW d'électricité offshore dès 2035 et 45 GW à l'horizon 2050 ; mais aussi réglementaire avec l'introduction de nouveaux critères dans les appels d'offres voués à favoriser les productions européennes et françaises. «J'assume l'idée d'imposer des critères qui favorisent la production locale parce c'est précisément ce que font les concurrents américains et chinois dans un certain nombre de filières industrielles», a indiqué le ministre. 

A la clé de cette relance espérée, des emplois. Depuis son inauguration en 2022 avec des annonces pour 750 emplois, l'usine a finalement généré plus d'embauches et compte 1400 salariés (dont 500 intérimaires). Au Havre, Marc Ferracci a confié son espoir d'aller plus loin que «maintenir les emplois. J'ai la conviction qu'on peut créer des emplois. La transition énergétique et la réindustrialisation de notre pays sont les deux faces d'une même pièce». L'extension de Siemens Gamesa sera opérationnelle en 2026.

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