Des peintures décoratives bas-carbone, aux performances équivalentes aux produits existants, sans oublier d’être grand public… afin de relever ce défi, le français Arkema, le néerlandais AkzoNobel et le suisse Omya s’associent, fin avril, pour développer une gamme de produits avec une empreinte carbone réduite d'au moins 30 %, en application des normes ISO 14040, 14044 et 14067. À terme, l’ambition serait même d’atteindre jusqu’à 50 % de réduction. « Grâce à une automatisation avancée des laboratoires et à une conception expérimentale pilotée par l'IA, des formulations de peinture commercialement pertinentes ont été obtenues en peu de temps », se réjouit Philipp Mueller, vice-président de la construction chez le distributeur de matériaux de spécialité Omya.
Au sein de cette association, le groupe helvétique Omya va, en particulier, fournir ses connaissances en science des minéraux. Arkema s’appuiera sur son savoir-faire en matière de liants et additifs biosourcés et « bioattribués », dans la lignée de ce que le chimiste de spécialité français s’évertue à déployer notamment en Europe. Le fabricant néerlandais AkzoNobel complétera le tableau par l’ajout de son expertise en matière de formulation. Réduction des produits à empreinte carbone forte et des molécules controversées telles que le dioxyde de titane (TiO2), « tout en conservant leurs performances en termes de brillance, de résistance au jaunissement et de résistance au frottement humide », a ainsi détaillé David Williams, directeur de l’innovation du groupe.
Redoubler d’efforts
L’ensemble des innovations apportées par les trois leaders mondiaux du secteur des revêtements visent à inclure jusqu’à 40 % de matières premières issues de sources circulaires. Depuis plusieurs années déjà, plusieurs industriels du secteur s’efforcent de diversifier leurs portefeuilles d’actifs en direction de production plus durable et renouvelable. En mai, AkzoNobel a ainsi développé un partenariat avec BASF pour l’achat d’ingrédients certifiés mass balance (issus du bionaphta et du biométhane notamment) auprès du géant allemand à destination de sa production de peintures décoratives dans la région EMEA (Europe, Moyen-Orient et Afrique). Le fabricant suisse précise ainsi « avoir accès au même niveau de qualité et de performances, mais avec une empreinte carbone réduite d'au moins 5 % ». En 2024, Arkema s’est vu attribué la certification ISCC+ selon le principe du mass balance pour plusieurs sites comme sur son unité de résines de revêtement en poudre de Sant Celoni (Espagne) ou pour son site de production de monomères acryliques (acides et esters) de Taixing (Chine). Et la décarbonation du secteur demandera encore des efforts. D’après le rapport sur l’état mondial des bâtiments et de la construction publié par l’ONU en 2024, les bâtiments étaient responsables de 34 % de la demande mondiale d'énergie et de 37 % des émissions de dioxyde de carbone liées à l'énergie et aux processus.



