Signé le 29 avril à Istres (Bouches-du-Rhône), sur le site du pôle aéronautique avec la SEM qui le développe, le bail acte l’arrivée de la société Ares dans 4 000 m² des 30 000 m² du hangar "Mercure" pour un minimum de trois ans. Ares prévoit d’investir 5 millions d’euros dans l’aménagement des lieux (bureaux et ateliers) et l’outillage de ses équipes. Ces travaux devraient débuter avant fin 2021.
Istres devient le troisième centre d’activité de l’entreprise, entre sa base "opérations" à Nîmes (Gard) et son pôle "optronique" de Chabeuil, près de Valence (Drôme). Le projet s’accompagne d’un programme de recrutement, 60 personnes devant rejoindre le site dont une quarantaine d’ici fin 2021. «Un tiers proviendra d’anciens militaires, un tiers du secteur civil et un tiers de jeunes que nous formerons à nos besoins», explique le directeur général d’Ares, Emmanuel Pasqualini. L’entreprise compte actuellement neuf avions MB-339 qu’elle va remettre à ses nouvelles couleurs. Elle va acquérir 18 Mirage 2000 qu’elle adaptera à ses activités "Red Air" à Istres.
Choix stratégique évident
Pour Bertrand Lucereau, président d’Ares, «l’année 2020 a été compliquée pour le secteur aéronautique et le Plan de relance ne concerne que le monde civil, pas celui de la défense, ce qui est problématique pour beaucoup de PME. Néanmoins, il faut aller de l’avant. Nous avons clairement l’ambition de devenir leader européen sur notre marché, la demande est là. Notre arrivée sur le pôle d’Istres renforce nos capacités pour atteindre cet objectif et ne pas laisser des acteurs américains s’imposer».
«Istres est un choix stratégique évident, d’une part en raison de son emplacement entre nos sites de Nîmes et Valence, d’autre part, parce qu’il y a une pénurie de grands hangars aux normes en France pour développer des activités industrielles», ajoute Olivier de Cernon, directeur général adjoint, qui admet que cette implantation n’est qu’un premier pas, une extension de la présence à Istres n’étant pas exclue à l’avenir. Le maire d’Istres, vice-président de la Métropole Aix-Marseille-Provence et président de la SEM "Pôle aéronautique Istres-Etang de Berre", François Bernardini voit le choix d’Ares comme une confirmation des potentialités du site pour accompagner les futurs déploiements de la base aérienne 125 sur les avions MRTT et du prototype de plateforme stratosphérique Stratobus, promis par Thales à Istres. «Nous avons investi 11 millions d’euros pour remettre le hangar Mercure aux normes», rappelle l’élu, délibérément ouvert à l’accueil d’autres porteurs de projets.
Ares est née de la fusion de Secapem Training Defence Solutions (STDS), spécialiste du "Red Air", et de Secaéro (maintenance opérationnelle), deux PME représentant une vingtaine de salariés et un chiffre d’affaires de 6 millions d’euros réalisés dans l’entraînement opérationnel des forces armées françaises et européennes, au travers d’exercices et de simulations d’attaques aériennes et navales pour le compte de la Défense.



