ArcelorMittal envisage l’arrêt de la cokerie de Florange à l’horizon 2022

ArcelorMittal France a confirmé le 10 février qu’il pourrait mettre un terme à l’activité de la cokerie de Florange, en Moselle, à l’horizon 2022-2023. Le groupe affirme avoir les moyens de proposer un "projet professionnel" à chacun des 170 salariés concernés.

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La cokerie de Florange couvre un tiers des besoins des hauts-fourneaux de Dunkerque. Or ces derniers pourraient être auto-suffisants à court terme.

L’objectif d’abaisser de 30% son empreinte carbone à l’horizon 2030 en Europe conduit le premier sidérurgiste mondial à envisager sérieusement d’accélérer la fermeture de sa cokerie de Florange, en Moselle. ArcelorMittal France a précisé ses intentions lundi 10 février, à l’occasion d’un comité social et économique (CSE) à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis).

Les investissements destinés à abaisser les émissions de CO2 du groupe devraient réduire mécaniquement ses besoins en coke "et le site de Dunkerque pourrait être auto-suffisant à court terme, vers 2022-2023. L’utilisation de la cokerie de Florange, initialement prévue jusqu’en 2032, pourrait être remise en cause", a indiqué ArcelorMittal France à l’issue du CSE.

Reclassement des salariés

Depuis l’arrêt des derniers hauts-fourneaux d’ArcelorMittal en Moselle, la cokerie installée depuis les années 50 sur la commune de Serémange-Erzange (Moselle) répond pour un tiers aux besoins de la filière liquide de Dunkerque. Elle permet également au site de Florange et ses 2 200 salariés, de conserver les avantages énergétiques d’une usine à chaud, les gaz de la cokerie étant brûlés pour le préchauffage des barres d’acier brut, les « brames ».

La totalité des 170 salariés en CDI de la cokerie devraient bénéficier d’un "projet professionnel" en interne, a précisé la direction d’ArcelorMittal France. Outre Florange et Dunkerque, la société regroupe cinq autres sites tous implantés dans le nord de l’Hexagone : Mardyck (Nord), Desvres (Pas-de-Calais), Montataire (Oise), Basse-Indre (Loire-Atlantique) et Mouzon (Ardennes).

Avenir lié au plan de sauvetage d’Ilva

Les émissions polluantes de la cokerie ont rendu son acceptation sociale difficile ces dernières années. En novembre dernier, le maire de Florange, Rémy Dick, a porté plainte contre le groupe sidérurgique suite au déversement d’acide dans la rivière Fensch. Un an auparavant, l’Inspection du travail avait dénoncé un risque grave d’exposition des salariés au benzopyrène et aux HAP (hydrocarbure aromatique polycyclique), des particules cancérogènes.

L’avenir de la cokerie de Florange serait également lié aux discussions en cours sur le plan de sauvetage d’Ilva, l’aciériste de Tarente (Italie). Selon François Pagano, délégué syndical central CFE-CGC chez ArcelorMittal France, "si ArcelorMittal conserve les quatre hauts-fourneaux d’Ilva, il sera sous-capacitaire en coke. Si le groupe n’en conserve qu’un ou deux, il n’aura pas besoin du coke de Florange". Pour la centrale syndicale, la probabilité d’une marche à quatre hauts-fourneaux à Tarente demeure cependant faible.

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