L’entreprise Aqualines, spécialisée dans les véhicules à effet de sol, va installer dans les mois qui viennent une usine à Bayonne (Pyrénées-Atlantiques) pour produire ses premiers modèles de bateaux circulant entre ciel et mer à l'hydrogène, pour une commercialisation prévue en 2024.
Pour qui n’a pas de connaissance particulière en aéronautique, « l’effet de sol » est probablement peu parlant. Ce phénomène aérodynamique se traduit par une augmentation atmosphérique de l’air qui se trouve entre un véhicule aérien et le sol. « Cette loi naturelle, comparable à la poussée d’Archimède, permet d’utiliser la compression de l’air pour faire avancer l’appareil », résume Guillaume Catala, cofondateur d’Aqualines.
Aqualines Spécialisée dans cette technologie, l’entreprise vient d’annoncer son intention d’ouvrir une usine à Bayonne pour concevoir et développer des véhicules des mers extrêmement rapides, puisque capables d’assurer des trajets commerciaux en volant entre 200 et 320 km/h. Créée en 2013, elle a construit depuis 2015 huit différents prototypes de ses véhicules, passant test après test, et compte passer à leur industrialisation dans les trente mois à venir, pour les commercialiser début 2024. « Ce seront d’abord des engins de trois places avec cockpit ouvert. Puis, d’ici 2027, des navires de transport public, de 14 à 50 places. Et enfin, dans les trois ans suivants, les plus gros porteurs, allant jusqu’à 300 sièges », détaille Guillaume Catala.
Déjà 170 commandes
Essentiellement construits en matériau composite, les véhicules d’Aqualines embarqueront un moteur électrique et un moteur à hydrogène, s’appuyant sur un partenaire français pour le premier et même basque pour le second. « Il y a, dans ce sud de la Nouvelle-Aquitaine un vivier d’entreprises comme Dassault, Safran des sous-traitants d’Airbus, susceptibles de nous fournir certaines technologies indispensables, comme celles qui permettent d’éviter les collisions », explique Guillaume Catala pour justifier l’installation de l’usine à Bayonne. « Il nous fallait la mer à proximité, évidemment, et la base de Biscarosse, qui est un peu la capitale mondiale de l’hydratation et où des liaisons transatlantiques avec New York étaient assurées dès 1930, n’est pas loin. Sur le port de Bayonne, il y a de plus 37 hectares en cours de réhabilitation, avec pour feuille de route l’innovation technologique des océans. Nous rentrions parfaitement dans ce cadre, d’autant que la région soutient des projets comme le nôtre. »
À l’heure actuelle, Aqualines assure déjà avoir reçu 170 commandes, « souvent d’opérateurs de transport, de petites compagnies aériennes ». La solution répond aux besoins de trajets maritimes courts.« L’exemple typique, c’est un trajet entre Tallinn, en Estonie, et Helsinki en Finlande. Seuls 80 kilomètres d’eau séparent ces deux villes. Aujourd’hui, il y a deux options, le bateau ou l’avion. Le premier - 30 000 personnes empruntent chaque jour ce ferry - met deux heures, le second huit minutes mais coûte cher et a une empreinte carbone extrêmement importante, puisqu’on ne fait que décoller et atterrir, les deux phases les plus polluantes. Et aux huit minutes de vol, il faut ajouter le temps d’attente avant d’embarquer, d’au moins une heure. Avec notre solution, on relie les deux métropoles en moins de 30 minutes, sans polluer », assure Guillaume Catala. Aqualines espère produire « au minimum 200 engins, au maximum un millier » en 2024, et va rapidement créer une trentaine d’emplois. Le montant de l'investissement prévu n'a pas été dévoilé.



