La direction de WeylChem Lamotte a présenté le 14 octobre en comité social et économique (CSE) extraordinaire un projet de réorganisation sur la plateforme industrielle de Trosly-Breuil (Oise), visant à préserver l’activité «dans un contexte particulièrement difficile». Confrontée à une augmentation des coûts énergétiques, à l’accroissement des contraintes réglementaires et à une forte compétition internationale, la chimie européenne et française doit répondre à des enjeux structurels.
«Depuis fin 2022, l’activité de WeylChem Lamotte fait face à une concurrence internationale agressive, en particulier des producteurs chinois qui offrent des prix significativement bas, qui a entraîné une réduction des volumes de vente et des marges de 50% entre 2022 et 2023 sur notre chaîne de valeur des C2 (2-coumaranone)» servant les marchés alimentaires, pharmaceutiques et industriels», explique Alix Deschamps président de WeylChem Lamotte, acteur mondial pour plusieurs de ses productions. C'est, en effet, le seul producteur, hors Chine, d’un des deux composants nécessaires à la fabrication de la vanille de synthèse utilisée dans le secteur agroalimentaire, un des leaders de la fabrication d’une molécule clé dans la production de certains fongicides particulièrement utiles pour les activités agricoles dans les zones humides.
Baisse de 26% du chiffre d'affaires
«Plusieurs molécules sont fabriquées sur le site de Trosly-Breuil. L'une permet par exemple de fabriquer l'amoxicilline, une autre de lutter contre le développement des champignons. La production de cette dernière, utilisée dans la synthèse d'un fongicide, va donc cesser», ajoute-t-il.
Malgré un chiffre d’affaires attendu en progression de 5% en 2024 et des investissements conséquents depuis plusieurs années pour favoriser le développement des activités du site, la perte annoncée de son premier client (dont le nom n’est pas communiqué par la direction) aggrave considérablement la situation de la société. «Cette fin de contrat impose l’arrêt complet d’une des quatre activités de la société (la «2C») et entraînera une baisse de 26% du chiffre d’affaires et un résultat net négatif en 2025. Notre projet de réorganisation, recentré sur les trois gammes principales de produits, est indispensable pour assurer la pérennité du site. Il est donc envisagé de rationaliser l’ensemble des activités industrielles, en cohérence avec les niveaux d’activité actuels et prévisionnels, ainsi que les fonctions Support. 101 licenciements seraient à prévoir, conclut Alix Deschamps. Il dit souhaiter mener avec les représentants du personnel un dialogue social ouvert et constructif sur le projet et souhaite accompagner chaque salarié concerné par le Plan de sauvegarde de l'emploi.



