«Ce que je fais, c’est très simple : je crée une version moderne des codes secrets», raconte Anne Canteaut, la lauréate du prestigieux prix Irène Joliot-Curie 2023, dans la catégorie «Femme scientifique de l’année». Cette native de Dunkerque (Nord), qui a hésité entre des études de lettres et de mathématiques, a découvert la cryptographie dans le cadre de ses études d’ingénieure à l’École nationale supérieure de techniques avancées (Ensta) de Paris.
Très vite, elle se passionne pour cette discipline à l’interface de l’informatique et des mathématiques, qui traite de la protection des données et des communications grâce à leur chiffrement. Entrée en 1998 à l’Institut national de recherche en informatique et en automatique (Inria), elle est reconnue pour son travail sur la création et l’analyse d’algorithmes de chiffrement dits «à clé secrète» (ou symétriques), c’est-à-dire ceux pour lesquels émetteur et destinataire partagent une même clé secrète.
Collaborer, il n'y a que ça de vrai
Si Anne Canteaut se dit «fière» du prix qu’elle vient de recevoir, celle qui est, depuis 2006, directrice de recherche au sein de l’équipe-projet Codes, symétrique et quantique (Cosmiq) insiste sur l’importance du travail en collaboration. Un goût de l’échange que cette chercheuse engagée en faveur d’une meilleure représentation des femmes dans l’informatique – l’Inria n’en compte que 18 % – nourrit en intervenant régulièrement dans les collèges et les lycées.

Vous lisez un article de L'Usine Nouvelle 3732-3733 - Juillet-Août 2024



