AMI RhôneCO2 : « Vicat, Lafarge, Heidelberg Materials, Pétroineos, Fibre Excellence et H2V se sont engagés », se félicite Joachim Labauge, de Elengy

L’opérateur des terminaux méthaniers français Elengy et la Société du Pipeline Sud-Européen ont annoncé le 30 septembre le succès de leur appel à manifestation d’intérêt lancé dans le cadre du projet RhôneCO2. Ce dernier vise à mettre en place une chaîne de CCUS (Carbon Capture Utilization & Storage) reliant les sites industriels de la vallée du Rhône à un terminal de liquéfaction et d’export situé à Fos-sur-Mer. Explications avec Joachim Labauge, directeur du développement CO2 chez Elengy. 
 
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Joachim Labauge

Pourquoi cet appel à manifestation d'intérêt a-t-il été lancé ?

Il fait suite à notre volonté de créer une chaîne de CCUS entre la vallée du Rhône et Fos-sur-Mer dans le cadre de notre projet RhôneCO2. Cette zone est intéressante parce que c’est l’une des zones les plus émettrices de CO2 en  France. Nous voulions donc identifier les émetteurs de CO2 et les porteurs de projet de production de carburant de synthèse (ou e-fuel) à partir de CO2 intéressés par ce projet, et prêts à s’engager. 

Combien d’industriels ont finalement répondu ? 

15 sociétés se sont inscrites, et 6 se sont engagées auprès de SPSE (Société du pipeline sud-européen) et d’Elengy pour le développement d’une première phase du projet. On compte notamment les trois cimentiers de la zone, dont Vicat qui exploite l’une des plus grandes cimenteries de France, mais aussi Lafarge, Heidelberg Materials, le raffineur Petroineos, le papetier Fibre Excellence, et côté carburant de synthèse, le développeur de projet H2V. 

Quels sont plus précisément les objectifs du projet RhôneCO2 ? 

L’idée est de convertir un des pipelines disponibles de SPSE qui était initialement dédié au transport d’hydrocarbures entre Fos-sur-Mer et des sites industriels situés dans l’axe de la vallée du Rhône. Ce pipeline servira à assurer le transport du CO2 jusqu’à notre terminal méthanier de Fos-Tonkin. Cela implique de transformer notre site pour en faire un site capable de liquéfier et de charger le CO2 dans des bateaux qui iront ensuite dans des zones de stockage géologique permanent.

Il y a également le projet de CCU (captage du carbone et utilisation) pour la production de-méthanol de synthèse avec H2V. Nous avons lancé les études de faisabilité, et nous visons une décision finale d’investissement pour début 2027, avec des premiers volumes transportés pour 2030. Cette première phase du projet RhôneCO2 pourra atteindre 2,7 millions de tonne de CO2 par an en 2035. 

Où sera stocké le CO2 capté ? 

II y a plusieurs projets de développement de stockage en Méditerranée. Le plus connu est le projet développé par l'Italien Eni à Ravenne. Ce dernier fait d’ailleurs partie du projet d’intérêt commun (PCI) européen dénommé Callisto dont SPSE et Elengy font partie des promoteurs  et qui vise à établir une chaîne CCUS dans le sud de l’Europe. Il y a d’autres projets de stockage géologique de CO2 en Méditerranée comme le projet grec Prinos d’Energean, qui bénéficie également du statut de PCI européen.

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