Le groupe Amarenco, dont la base opérationnelle est basée à Lagrave (Tarn), vient d'annoncer une levée de fonds à hauteur de 15 millions d'euros, avec l'entrée à son capital du fonds Idia Capital Investissement, accompagné de trois autres filiales du Crédit Agricole (Sofilaro, Grand Sud-Ouest Capital et Nord-Midi Pyrénées Développement). Il s'agit d'une première étape d'une opération dont l'objectif est de lever pas moins de 50 millions d'euros d'ici la fin de l'année 2020.
"Nous nous félicitons d'être parvenus à boucler cette première étape dans le contexte de la crise sanitaire et des conditions imposées par le confinement", souligne Olivier Carré, président d'Amarenco France. L'opération doit permettre au producteur d'électricité photovoltaïque de concrétiser une feuille de route qui passe à la fois par de la croissance externe, une accélération de ses positions sur le segment des parcs au sol, une diversification dans le stockage d'énergie et des ambitions à l'international. "Nous sommes confiants pour l'avenir. Le Covid-19 risque juste de décaler un peu le calendrier que nous nous étions initialement fixé", prévient le chef d'entreprise.
Cap à l'international
Créé en 2013, le groupe Amarenco, dont le siège social est en Irlande mais la base opérationnelle à Lagrave dans le Tarn, compte accélérer son déploiement à l’international. Une première implantation à Mascate (Oman), concrétisée en 2018, va se traduire par de premiers chantiers programmés dès l'été 2020. Le groupe vient aussi d'ouvrir, en janvier 2020, un nouveau bureau à Singapour pour couvrir la zone Asie-Pacifique. L'objectif est de se constituer très vite un portefeuille de projets pour environ 2,5 GW.
Une diversification dans le stockage d'énergie
En parallèle à ses ambitions à l'international, le groupe qui assure déjà la conception, le développement, le financement, la réalisation et l'exploitation d'infrastructures solaires photovoltaïques de moyenne à grande échelle, a décidé d'élargir son offre avec le développement d'un nouvel axe stratégique : le stockage d'énergie. Amarenco vient de remporter un premier appel d'offres pour la réalisation en Gironde d'un parc d'une capacité de 90 Mwh, à partir d'un complexe de batteries (Lithium-ion) qui servira de stockage tampon à RTE. "Ce sera le plus gros parc de stockage d'énergie de ce type en France métropolitaine", souligne Olivier Carré. L'investissement est évalué à 50 millions d'euros et le chantier devrait être engagé au second trimestre 2021. Amarenco en assurera la construction et l'exploitation.
Accélérer le développement de parcs au sol
Leader en France sur le marché des producteurs indépendant d'électricité photovoltaïque pour le segment des centrales en toiture, que ce soit en couvertures de bâtiments agricoles, industriels ou tertiaires, ou en ombrières sur parking, Amarenco compte aussi renforcer son positionnement dans les centrales au sol. La société a déjà à son actif quatre premières centrales au sol en exploitation dans l'Hérault, les Bouches-du-Rhône, les Pyrénées-Orientales et les Landes, pour une puissance installée totale de 45 MW. Le chantier d'une première centrale flottante est également programmé pour début 2021 près d'Agen, dans le Lot-et-Garonne (un investissement de 3 millions d'euros), sur le site d'une ancienne carrière mise en eau. "D'ici trois ans, notre objectif est de nous constituer un portefeuille d'autorisations pour au moins 100 MW supplémentaires en centrales au sol", précise Olivier Carré.
Pour accélérer sa croissance, le groupe Amarenco table aussi sur la croissance externe. Une nouvelle acquisition pourrait être concrétisée dans les prochaines semaines dans le sud-est de la France.
Le groupe Amarenco emploie 130 salariés, dont 120 en France (70 à Lagrave), et une dizaine répartie sur ses bureaux en Irlande, à Oman et à Singapour. Il a réalisé un chiffre d'affaires de 40 millions d'euros en 2019 et vient de revoir ses ambitions à la baisse pour 2020. "Nous avions prévu de réaliser 70 millions d'euros cette année. La crise du coronavirus ne nous permettra pas d'atteindre ce chiffre, mais nous prévoyons à minima, de conserver le chiffre d'affaires de l'année dernière", anticipe Olivier Carré.



