« Chez Essilor, certains m'appellent Madame myopie », s’amuse Alexandra Roos. Un surnom qui colle à la peau de cette ingénieure diplômée de l’École de physique et de chimie industrielle (ESPCI) de Paris depuis qu’elle a pris la tête du centre de R&D d’Essilor à Singapour. « En Asie, la myopie est un sujet de santé publique », explique la quadra. Parmi les grands succès de « Madame myopie » : la coordination du projet Stellest.
L’objectif était de « trouver un verre qui permette de ralentir le développement de la myopie chez les enfants, notamment en travaillant sur les volumes de lumière apportée à l’avant des verres », précise Alexandra Roos avec un calme et une pédagogie hérités de son père, professeur de mathématiques.
Nouvelles générations de verre
Plus de quatre ans de recherches ont été nécessaires pour développer le produit. Lancé en 2020 en Asie et en juin dernier en France, il promet une réduction de l’évolution de la maladie de 67%. « C’est l’une de mes plus grandes fiertés professionnelles. » Une réussite sur laquelle elle ne compte pas s’arrêter. « Nous travaillons déjà sur les nouvelles générations de verres où les microlentilles pourraient être substituées et où des filtres pourraient être appliqués », s’enthousiasme la chercheuse avec passion.



