L'usine Michelin de Saint-Doulchard (Cher) va accueillir la production des structures gonflables ultralégères d'AirCaptif, une start-up acquise par le pneumaticien en 2021. Michelin met à sa disposition un atelier de 6 000 mètres carrés qui va être réaménagé d'ici à 2024 au sein de cette usine dédiée aux pneus d'avions. Le chiffrage de cette installation est en cours, il devrait représenter plusieurs millions d'euros.
AirCaptif, qui emploie une cinquantaine de personnes sur son site de Trappes (Yvelines), prévoit la création de 100 à 150 emplois dans cette usine qui emploie déjà plus de 600 personnes, à mi-chemin entre Paris et le siège de la multinationale à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme). «Nous changeons de dimension en accédant au stade industriel pour produire des grandes séries, résume Michaël Cogne, PDG d'AirCaptif. Etre adossé à un site industriel existant nous permet d'avancer plus vite dans les méthodes et les standards de l'industrie». La région Centre-Val de Loire a promis son soutien pour aider l'entreprise dans son implantation et ses recrutements.
Usines gonflables ultralégères
Fondée en 2017, AirCaptif a été cédée à son client et partenaire Michelin en 2021 par Emmanuel Fiévet. Au cœur de la crise Covid, la start-up a aidé le géant du pneu à développer Airprone, un coussin gonflable pour les patients des hôpitaux, et en particulier les patients inanimés. De mise en œuvre rapide et simple, les structures gonflables ultralégères d'AirCaptif ont aussi séduit Dassault, qui les utilisent pour les tests électromagnétiques à Mérignac (Gironde) avant la livraison des avions. Ce qui lui évite de construire un atelier dédié, qui ne serait pas toujours utilisé. «L'ensemble de la structure, composée de textiles techniques conducteurs, tient dans six grands sacs de sport. Et il ne faut qu'une demi-journée pour la déployer ou la ranger», argumente Michaël Cogne.
AirCaptif a réalisé un chiffre d'affaires d'un million d'euros en 2021. Ses ventes ont doublé en 2022, et devraient encore doubler en 2023. Elle exploite une demi-douzaine de brevets. De son côté, la multinationale Michelin a annoncé qu'elle souhaitait réaliser 30% de son chiffre d'affaires hors du pneu en 2030. Elle est ainsi très engagée dans l'hydrogène à travers ses participations dans les lyonnais Symbio (piles à hydrogène) et Hympulsion (stations de recharge), ainsi que dans le sarthois Motorsport, qui développe une voiture de sport alimentée par une pile à combustible.



