Airbus veut continuer à recruter à un niveau record en 2023 dans le monde

Airbus prévoit d’embaucher 13 000 personnes dans le monde en 2023, un niveau record qui avait déjà été atteint l’année précédente. Entre la montée en cadence de production et la nécessaire maîtrise de nouvelles technologies liées à la décarbonation, l’avionneur recrute tous azimuts.

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NE PAS REUTILISER Fabrication des caissons d'A320 et A321XLR
En 2023, Airbus va recruter 13 000 personnes dans le monde, autant qu'en 2022.

Les embauches d’Airbus se maintiennent à un niveau stratosphérique. L’avionneur européen a dévoilé, jeudi 26 janvier, un plan de recrutement historique : l’avionneur compte recruter 13 000 personnes dans le monde en 2023. C’est le niveau qui avait déjà été atteint en 2022, comme le groupe vient également de le révéler, alors qu'il cherchait à se remplumer après avoir mis en oeuvre un plan de départs touchant 10 000 salariés pendant la crise provoquée par la pandémie de Covid. Les besoins en main-d’œuvre ne s’essoufflent pas pour l’industriel, soutenus par la hausse des cadences de production, mais aussi par la digitalisation du secteur et les enjeux liés à la décarbonation.

L’an dernier, Airbus s’était montré prudent. Début 2022, l’avionneur – qui compte plus de 130 000 salariés – misait sur seulement 6000 recrutements dans le monde dans le cadre d'une première vague d'embauches, ouvrant la possibilité à une réévaluation en cours de route. Au final, ce sont 13 000 embauches qui ont été effectuées, dont 6 000 pour des renouvellements de postes et 7 000 pour des créations. «Nous sommes parvenus à recruter l’an dernier à hauteur de nos besoins, cela a été une très bonne nouvelle pour le groupe en ce qui concerne son attractivité mais aussi pour l’ensemble du secteur», précise Thierry Baril, le DRH d’Airbus. Avant crise, le niveau d'embauches s'établissait aux alentours de 10 000 recrutements.

La décarbonation a besoin de bras et de cerveaux

Pour l’heure, Airbus ne livre pas le détail de ce plan de recrutement par pays. Pour rappel, l'industriel a embauché plus de 2000 personnes en France en 2022. La filière aéronautique tricolore table cette année sur quelque 15 000 recrutements. «Nous fournirons de plus amples détails mi-février», glisse Thierry Baril. Reste que les grands ordres de grandeur sont déjà connus. Sur les 13 000 recrutements, les deux-tiers concerneront les pays où le groupe est implanté, soit près de 9 000 emplois : la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni et l’Espagne. L’autre tiers comprend entre autres les Etats-Unis, le Canada et la Chine, où le groupe possède ses plus importants sites hors Europe. Ces embauches seront réparties à la hauteur du poids de chaque division : à 60% pour la branche commerciale, à 25% pour Airbus Defence and Space et 15% à pour Airbus Helicopters. Enfin, ils seront destinés à 70% aux cols blancs et à 30% aux cols bleus.

Comment expliquer le maintien d’un tel niveau alors que le groupe est parvenu en bonne partie à regarnir ses rangs après les nombreux départs de 2020? D’abord, parce que ses programmes civils doivent assurer leur montée en cadence de production, en particulier du côté des monocouloirs que sont l’A220 et l’A320, lequel va devoir atteindre la cadence de 75 appareils par mois au mitan de la décennie. D’où des besoins marqués en ingénierie de production. En outre, toujours dans le civil, Airbus accélère ses développements touchant à la décarbonation des appareils : il est en quête de compétences liées à l’hydrogène, l’électrification, les carburants d’aviation durables, l’optimisation des trajectoires, les systèmes propulsifs, les architectures… Un enjeu qui génère une bonne partie des 25% de recrutements correspondants aux besoins en nouvelles compétences.

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Où sont les femmes?

La défense n’est pas en reste, alors que le système de combat aérien du futur (Scaf) semble enfin sur les rails avec le lancement de la phase 1B, l’avionneur commence à devoir constituer ses premières équipes, comme le précise le DRH du groupe. Du côté d’Airbus Helicopters, le retour de forme en matière de livraisons justifie aussi de faire appel à la main-d’œuvre. Sans surprise, les métiers liés à la digitalisation, nécessaires dans toutes ces activités, sont également en bonne place dans les besoins en recrutements du groupe. L’avionneur recherche en particulier des profils dans la cybersécurité, pour protéger à la fois ses appareils, ses données et son outil de production.

C’est d’ailleurs dans ce domaine qu’Airbus s’est démené pour faire face à la pénurie de talents qui touche toute l’industrie. Le groupe a ouvert en septembre 2022 sa propre école de formation, à Toulouse (Haute-Garonne), capable de délivrer un diplôme de niveau licence. Une première promotion de 21 étudiants a vu le jour, des bac+2 (IUT, BTS…) âgés de 20 à 22 ans. Il faut dire que mi-2022, le groupe déplorait 180 postes non pourvus, spécifiquement dans la cybersécurité. Malgré les difficultés de recrutements, le DRH d’Airbus ne cache pas un motif de satisfaction : alors que l’aéronautique tente d’attirer davantage de femmes, l’industriel est parvenu à en recruter à hauteur de 27% en 2022, soit près de 3 500 nouvelles collaboratrices. A l'échelle de la filière, le niveau de recrutement des femmes s'élève à seulement 22%.

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