Digital, hydrogène, cyber… Airbus recrute 6000 personnes en 2022

Airbus va recruter au moins 6 000 personnes dans le monde en 2022. Des besoins qui s’expliquent par le retour à la croissance dans le secteur et la nécessité de mettre la main sur de nouvelles compétences.

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Airbus miling center
Airbus compte embaucher au moins 6 000 personnes dans le monde cette année.

Changement de perspective pour Airbus en matière de ressources humaines. Un an et demi après avoir lancé un plan de suppressions de 15 000 postes, l’avionneur européen a fait savoir mercredi 19 janvier qu’il misait sur un minimum de 6 000 recrutements dans le monde pour la seule année 2022. « Nous sommes de retour sur le marché de l’emploi », s’est enthousiasmé dans la foulée Thierry Baril, le directeur général des ressources humaines d’Airbus. Un niveau d’embauches loin des années d’avant-crise, durant lesquelles Airbus recrutait près de 10 000 personnes par an, mais qui témoigne d'une inversion de tendance des derniers mois.

Ce plan sera réévalué en cours d’année et pourrait donner lieu, suivant les besoins, à des embauches supplémentaires. Dans les prochaines semaines, Airbus va fournir des précisions quant à la mise en musique locale de cette nouvelle campagne de recrutements : nombre d’embauches par pays, nature des profils attendus… La nouvelle ligne d’assemblage de l’A321 prévue à Toulouse (Haute-Garonne) devrait générer un certain nombre de nouveaux emplois.

« Nous restons vigilants, car le transport aérien n’est pas sorti de la crise, tempère Thierry Baril. Mais sauf catastrophe, nous devrions réévaluer à la hausse ce plan d’embauches. » L’annonce d’Airbus intervient après celle du groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales (Gifas), évoquant début janvier l’embauche de 15 000 personnes en France cette année.

Une grande diversité de profils

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Comment expliquer un tel revirement ? D’abord, parce que les réductions d’effectifs annoncées en juin 2020 – en raison d’une chute de 40% de l’activité – ont été plus faibles que prévues. Elles ont concerné 10 000 personnes, sans licenciements secs, grâce aux différentes aides des Etats. Les effectifs du groupe sont désormais de 126 000 personnes, à fin septembre 2021. Airbus affiche maintenant un ambitieux calendrier industriel, concernant surtout la famille A320. Le programme devrait retrouver les cadences d’avant-crise – 60 appareils par mois – dans le courant de l’année, puis passer à 65 à l’été 2023, voire au-delà par la suite. C’est enfin la transition énergétique du transport aérien qui conduit l’avionneur à intégrer de nouvelles compétences.

D’où la très grande diversité des profils concernés par le plan en partie dévoilé par Airbus. « Nous avons un fort besoin en compétences émergentes, concernant en particulier les technologies digitales », détaille Thierry Baril, qui liste le data management, les systèmes d’informations et la cybersécurité. Et le dirigeant d’annoncer la création, cette année, d’une école digitale Airbus, dont le site d’implantation reste à définir. Basée sur le modèle existant du lycée Airbus, elle pourrait délivrer des diplômes de niveau licence et master dans le domaine du numérique. D’autant plus nécessaire que sur ces compétences, Airbus entre en concurrence avec de nombreux autres groupes.

L'avion de demain, les compétences d'aujourd'hui

Alors que les avionneurs voient de plus en plus dans les usines d’assemblage un facteur clé de compétitivité, les compétences liées à l’ingénierie de production, aux automatismes, à la robotique, aux logiciels et à la gestion de flux logistiques sont également très recherchées par l’avionneur, en lien direct avec le monde numérique. Au-delà des process industriels, le changement de paradigme en vue dans les appareils eux-mêmes, sur fond de décarbonation du transport aérien, oblige Airbus à faire le plein de nouvelles compétences. Electrique, hydrogène, mais aussi optique, optronique, intégration et design de grandes structures… Une révolution annoncée qui commence dès aujourd’hui à générer de nouveaux besoins.

« L’avion de demain nous force à repenser l’architecture actuelle, précise Thierry Baril. Il y aura par exemple une nécessité à revoir complètement l’intégration des systèmes propulsifs. » La transition énergétique qui s’amorce, génère en interne un effort de formation inédit qu’Airbus compte assurer en bonne partie lui-même. La technologie de propulsion à l’hydrogène touche aujourd’hui à elle seule 5 000 personnes dans le groupe.

Airbus compte d’ailleurs en partie sur la transition énergétique du transport aérien pour parvenir à attirer les jeunes recrues, alors que la pénurie de talents guette toute une partie de la chaîne d'approvisionnement aéronautique. « Notre attractivité se maintient bien malgré l’environnement difficile, comme en témoigne plusieurs indicateurs spécialisés, assure Thierry Baril. Mais nous devons poursuivre nos efforts. L’agenda d’Airbus est en cela excitant. Nous sommes en train de réinventer l’aéronautique et le spatial ! » Mais le dirigeant le sait : même un groupe comme Airbus ne peut se reposer sur ses lauriers.

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