Objectif atteint et même dépassé ! Airbus a annoncé lundi 10 janvier avoir livré 611 appareils en 2021, au-delà donc du seuil de 600 avions que le groupe s’était fixé. Une fois de plus, l’avionneur européen a mis les bouchées doubles en fin d’année pour parvenir à tenir ses propres ambitions, après un été et une rentrée où le rythme a quelque peu ralenti. Airbus peut s’enorgueillir de respecter son calendrier industriel dans un environnement chaotique qui reste marqué par la pandémie mondiale, avec une hausse de sa production de 8% par rapport à celle de 2020.
Sans surprise, c’est la famille de monocouloirs A230 qui tire le nombre de livraisons vers le haut, avec 483 appareils livrés (contre 446 en 2020). Si le nombre d’A220 livrés est aussi en hausse, soit 50 exemplaires contre 38 l’année précédente, les long-courriers ont clairement piqué du nez, subissant de plein fouet la crise du transport aérien : Airbus a livré 18 A330 (un de moins qu’en 2020) et 55 A350, contre 59 en 2020. Les 5 derniers A380 ont également été livré en 2021. Le niveau total est bien supérieur à ce que devrait bientôt afficher Boeing. L’avionneur américain avait livré fin novembre 302 appareils et devrait flirter sur l’ensemble de l’année avec les 350 avions livrés.
Bonne tenue des commandes
Ce niveau de livraisons permet à Airbus de relever le nez après une année 2020 particulièrement mauvaise qui avait vu ses livraisons chuter à 566 appareils. L’apport du digital dans le processus commercial a d’ailleurs contribué à dépasser l’objectif, les e-livraisons représentant environ 25% du total. Il constitue ceci dit un grand bond en arrière de près de dix ans pour Airbus : l’avionneur avait livré 588 appareils en 2012 et 626 en 2013. L’année record qu’avait constitué 2019 paraît bien lointaine, avec cette année-là pas moins de 863 livraisons.

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Autre source de satisfaction pour Airbus : malgré le sérieux trou d’air que connaît le transport aérien, les commandes ont été au rendez-vous en 2021. Le groupe a cumulé l’année dernière 771 commandes brutes dont 507 commandes nettes (comprenant les annulations), contre 268 commandes nettes en 2020. Ce qui témoigne d’un certain niveau de confiance de la part des compagnies aériennes, notamment Air France-KLM et Qantas qui ont largement contribué en fin d’année à garnir le panier de l’avionneur, avec réciproquement 100 et 40 commandes nettes.
"Nous ne pensions pas qu’il y aurait autant de commandes en 2021, en particulier durant la seconde moitié de l’année marquée par de grosses commandes, a confié Guillaume Faury, le président exécutif d'Airbus durant la conférence de presse. Les compagnies aériennes anticipent leurs besoins de renouvellement et d’extensions de flottes, signe qui démontre qu’elles regardent au-delà du covid, annonçant un prochain retour à la normale." Même si le nombre de commandes est légèrement inférieur à celui des livraisons en 2021, le carnet de commandes est bien épais avec 7082 appareils (7184 appareils en 2020).
Ce niveau de commandes donne du crédit à la volonté de Guillaume Faury d’accélérer encore le rythme et en particulier au niveau de l’A320. Le dirigeant vise tout à la fois à compenser le fort ralentissement du segment des long-courriers et à saturer le marché des monocouloirs pour limiter les marges de manœuvre de son rival américain. Depuis plusieurs mois, Guillaume Faury fait savoir qu’il mise sur l’ensemble des fournisseurs pour accélérer le rythme.
Une forte remontée des cadences
Le calendrier affiché : parvenir à produire 65 A320 par à l’été 2023, après être passé de 60 avant-crise à 40 courant 2020, puis 60 dans le courant de cette année. Soit une remontée à une vitesse et à un niveau jamais vus dans l’histoire aéronautique. Or cette remontée s’opère dans un climat de fortes tensions pour la chaîne d’approvisionnement. Les sous-traitants vont devoir investir massivement alors que nombre d’entre eux sont en situation financière fragile, en raison d’un fort niveau d’endettement. Or rien ne garantit pour eux que ces sommets de production soient durables… Une passe rendue encore plus délicate par l’explosion du prix des matières premières et les pénuries de compétences.
Autre dossier à gérer, social celui-là : Airbus n’échappera pas, comme de nombreux autres groupes, à la question de l’augmentation des salaires. «Les salariés du groupe ont démontré une nouvelle fois qu’ils avaient été au rendez-vous, résume Françoise Vallin, déléguée syndicale centrale CFE-CGC Airbus. La direction ne pourra pas passer à côté des augmentations. Les salariés peuvent faire fi des surcharges de travail, mais à condition d’être augmentés.» Airbus présentera ses résultats financiers le 17 février prochain.



