Grâce à Air France-KLM et Qantas, Airbus se rapproche du niveau de commandes de Boeing en 2021

Airbus a engrangé en une journée près de 302 commandes d’avions, dont 140 fermes. Ce qui permet à l’avionneur européen de regagner du terrain sur le plan commercial en 2021 par rapport à Boeing.

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Ca plane pour Airbus. Commandes, livraisons... L'avionneur européen a supplanté son rival américain sur tous les tableaux cette année.

L’accélération dans la dernière ligne droite aura été fulgurante. Jusque-là derrière son rival américain sur le plan des commandes en 2021, Airbus a dégainé jeudi 16 décembre deux méga commandes qui lui permettent de regagner du terrain, de la part de la compagnie australienne Qantas puis d’Air France-KLM.

[Réactualisé le 14 janvier] Reste que Boeing ayant également engrangé plusieurs commandes en toute fin d’année, le duel entre les deux géants mondiaux de l’aéronautique devrait tourner en 2021 à l’avantage de l’américain en termes de commandes.

Fin novembre, Airbus était en net retrait face à son rival. Malgré une belle moisson de commandes pour l’avionneur européen au salon aéronautique de Dubaï, il n’avait engrangé que 610 commandes brutes et 368 commandes nettes (prenant en compte les annulations) depuis le début de l’année. Boeing pouvait s’enorgueillir d’un bilan plus flatteur, avec 829 commandes brutes et 457 commandes nettes (incluant les annulations et la norme comptable ASC 606).

Mais en 24 heures, Airbus est parvenu à revenir au score. La première accélération est venue de la compagnie Qantas, avec une commande ferme de 40 appareils (20 A31XLR et 20 A220), assortie d’une option pour 94 avions supplémentaires. Quelques heures plus tard, c’est Air France-KLM qui finissait de placer Airbus en tête de la course. La compagnie aérienne a signé une commande ferme pour 100 A320neo ainsi que des droits d’acquisition pour 60 appareils supplémentaires, mais aussi une lettre d’intention pour l’acquisition de quatre Airbus A350 version cargo assortie de droits d’acquisition pour quatre autres appareils.

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Une stratégie qui porte ses fruits

Bilan des courses : sans compter les options, le bilan commercial d’Airbus pourrait atteindre 508 commandes nettes selon nos estimations. Même si Boeing reste en tête sur l'ensemble de l'année, le groupe américain n’est pourtant pas à la fête. D’abord parce que Boeing voit des clients historiques lui tourner le dos, préférant renouveler leurs flottes avec des Airbus. Malgré les 692 commandes de 737 MAX engrangées cette année, l’avionneur américain perd de plus en plus de terrain face aux A320neo sur le segment le plus dynamique du transport aérien, celui des courts et moyen-courriers. Le monocouloir de Boeing peine visiblement à sortir de la crise dans laquelle il a été plongé il y a trois ans maintenant.

Surtout, ces commandes démontrent le bien-fondé de la stratégie commerciale et industrielle d’Airbus. Avec l’acquisition du C-Series du canadien Bombardier en 2018, rebaptisé A220, l’avionneur possède le monocouloir le plus récent du marché, dédié au transport régional. Le rapprochement avorté de Boeing avec le brésilien Embraer a empêché Boeing de contre-attaquer. Avec son grand frère, l’A320neo, Airbus a fait des étincelles : les versions successives de l’appareil offrent aux compagnies aériennes une palette de possibilités inédites. L’A321XLR, sans concurrent, étant par exemple capable d’assurer des vols jusque-là réservés aux long-courriers. Cerise sur le gâteau: longtemps en retrait sur le segment du fret, Airbus a déjà engrangé plus d'une trentaine de commandes, options incluses, de son A350 version cargo tout juste lancé.

Des prévisions de livraisons stratosphériques

Pour Airbus, ce niveau de commandes constitue également une justification irréfutable à la volonté de son patron, Guillaume Faury, d’augmenter au plus vite les cadences de production. La crise du transport aérien a fait retomber les cadences de l’A320 d’environ 60 appareils par mois à 40 début 2021. Elles devraient passer à 64 appareils par mois au deuxième trimestre 2023 et pourraient s’établir à 70 appareils par mois au premier trimestre 2024. L'industriel évoque même la possibilité de produire 75 appareils par mois en 2025. Des niveaux jamais atteints dans l’industrie aéronautique, qui n’est pas sans inquiéter les sous-traitants, tiraillés entre la nécessité d’investir et des moyens financiers restreints.

En attendant d’atteindre ces niveaux, l’avionneur européen peut déjà avoir la satisfaction de supplanter une fois de plus son rival américain sur le plan des livraisons. Un indicateur crucial, dans la mesure où une grande partie du paiement des avions s’effectue au moment de la livraison. Fin novembre, Airbus avait livré 518 appareils contre 302 pour Boeing. Alors qu’Airbus s’est fixé pour objectif officiel d’atteindre le seuil des 600 avions livrés en 2021, l’américain devrait avoir du mal à dépasser les 350 livraisons cette année au vu de ses performances mensuelles. L’année 2021 aura été sans conteste celle de l’avionneur européen.

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