Airbus planche sur son avion à hydrogène, mais s’active aussi à mettre au point les infrastructures qui permettront son exploitation sur toute la planète. Dernière preuve de sa détermination à façonner les stations qui accueilleront dès 2035 son avion zéro émission, l'annonce fin juin de la signature d'un protocole d’accord avec le chimiste américano-allemand Linde pour développer des infrastructures aéroportuaires à même de produire et distribuer de l’hydrogène.
Les deux partenaires lanceront dès 2023 des projets pilotes dans plusieurs aéroports. Un partenariat qui fait suite à une série de collaborations entamées depuis le lancement du programme ZEROe, en 2020.
En France, l’avionneur s’est rapproché d’Air liquide, du groupe ADP et de Vinci Airports ; au Japon de l’industriel Kawasaki Heavy Industries et de trois aéroports locaux (Kansai, Osaka et Kobe) ; au Royaume-Uni de neuf organisations de recherche pour lancer le projet Hydrogen south west ; en Australie de l’entreprise Fortescue Future Industries, spécialisée dans la production d’hydrogène vert ; et en Corée du Sud d’Air liquide Korea, de Korean Air et de l’aéroport international d'Incheon...
Dans les prochains mois, d’autres partenariats pourraient être annoncés, en particulier aux États-Unis. En ligne de mire, la production d’électricité via des énergies renouvelables pour obtenir de l’hydrogène, puis le stockage, la liquéfaction et le transport via des pipelines, et enfin la distribution au niveau de l’avion. La chaîne de compétences à mettre en branle est immense, avec le défi d’une production significative, compétitive et assurant un haut niveau de sécurité. L’avionneur européen sait que le succès de l’avion à hydrogène ne repose pas sur ses seules épaules.

Vous lisez un article de L'Usine Nouvelle n° 3707 - Juin 2022



