Les deux annonces se sont télescopées, reflétant un changement d’époque pour le secteur aérien. Alors que la ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili, a annoncé jeudi 11 février dans une interview au Monde l’arrêt du projet de nouveau terminal à l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle pour des raisons environnementales, le premier jalon d’une filière hydrogène aéroportuaire en Ile-de-France a été lancé le même jour via un appel à manifestation d’intérêt (AMI) international. L’aérien décélère et passe au vert.
Derrière cette initiative, le gratin des acteurs industriels et institutionnels : Airbus, Air France-KLM, le groupe ADP, ainsi que la région Ile-de-France et Choose Paris Region (l’agence en charge de la promotion de la région). « Les partenaires veulent anticiper et accompagner les évolutions qui devraient permettre de transformer les aéroports parisiens en véritables hubs hydrogène », expliquent-ils dans un communiqué de presse commun. Les candidatures sont ouvertes du 11 février au 19 mars 2021.
Airbus ne manque pas d'air
Cet appel à manifestation d’intérêt est une conséquence directe des ambitions d’Airbus en matière d’hydrogène. En septembre 2020, l’avionneur a annoncé la couleur : l’avion à hydrogène doit être prêt à l’horizon 2035. Et l’industriel de dégainer trois projets parallèles permettant d’explorer les différentes voies technologiques possibles pour tenir l’objectif d’un avion « zéro émission ». Mais si Airbus s’attèle d’ores et déjà avec ses fournisseurs et équipementiers au développement de l’appareil, sa démocratisation ne repose pas que sur ses épaules…

- 17132.75-3.99
Février 2026
Cours mensuel du nickel - settlement$ USD/tonne
- 108.01+5.66
26 Mars 2026
Pétrole Brent contrat à terme échéance rapprochée$ USD/baril
- 69.4+7.26
Février 2026
Cours des matières premières importées - Pétrole brut Brent (Londres) en dollars$ USD/baril
« Il y aura également besoin d'investissements d'infrastructures au niveau des aéroports et des réseaux de distribution, sans oublier la production d’hydrogène vert », expliquait à L’Usine Nouvelle en septembre 2020 Jean-Brice Dumont, le directeur de l’ingénierie d’Airbus. D’où cet appel à manifestation d’intérêt. Il vise à lancer une première phase exploratoire pour définir quels pourraient être les acteurs d’un futur écosystème dédié, des grands groupes aux PME industriels, en passant par les start-ups et le monde de la recherche.
L'hydrogène, atome le plus simple mais solution la plus complexe
Un premier coup de sonde qui s’articule autour de trois thématiques. D’abord celle du stockage, du transport et de la distribution de l'hydrogène (gazeux et liquide) en milieu aéroportuaire. Comment stocker l’hydrogène ? Comment assurer l’avitaillement ? Il s’agit ensuite d’explorer les différents usages de l’hydrogène, qui concerne l’avion au premier chef mais également les véhicules et engins d’assistance. Enfin, l’AMI vise à définir les contours de ce que pourrait être une économie circulaire basée sur l’hydrogène, comme la récupération d’hydrogène dissipé et la valorisation de coproduits de réaction.
« Il faut le voir comme un appel aux différents acteurs qui peuvent être intéressés par cet enjeu, résume le porte-parole du groupe ADP. A l’issue de la sélection, on entrera alors dans une phase d’expérimentations et de développement de démonstrateurs. » Les projets seront en particulier sélectionnés selon leur viabilité économique, critère qui sera déterminant dans l’essor de l’hydrogène dans le transport aérien.
Cet AMI intervient précisément un an après celui lancé concernant les carburants durables, pour lequel Air France et Airbus s’étaient également impliqués. Pour l’hydrogène comme pour les carburants alternatifs, reste à savoir quels moyens financiers, publics et privés, seront alloués à ces projets censés faire entrer le transport aérien dans une nouvelle ère.



