Airbus relance son projet de chaîne d’assemblage modernisée d’A321neo à Toulouse

Airbus relance définitivement le projet de chaîne d’assemblage ultra-moderne d’A321neo à Toulouse (Haute-Garonne). Un investissement qui va permettre au site français, moins avancé que celui d’Hambourg en Allemagne, de moderniser la production de son monocouloir.

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Nouvelle ligne de production des A320 à Hambourg
Bonne nouvelle pour Toulouse : Airbus lance une chaîne d'assemblage ultramoderne dédiée à l'A321, à l'image de celles de Hambourg (Allemagne).

Après des mois de suspens, le projet est enfin relancé. Comme l’avait annoncé L’Usine Nouvelle le 15 février dernier, Airbus a décidé d’entériner son projet de chaîne d’assemblage finale (FAL) ultra moderne dédiée à l’A320neo et à l’A321neo à Toulouse (Occitanie). L’avionneur en a fait l’annonce mercredi 12 mai, précisant que cette chaîne de production devrait être opérationnelle fin 2022. Ce projet avait été annoncé en janvier 2020, puis gelé en mars pour cause de pandémie mondiale.

Si Airbus entérine enfin le projet, c’est que le groupe anticipe un retour à la croissance. "Cette décision va permettre à Airbus d’accroître la flexibilité de son système global de production afin de répondre à la reprise du marché et à la demande future, argue l’avionneur européen dans son communiqué. Ce projet est aujourd’hui relancé, à la faveur d’une reprise du marché qui se dessine et d’un retour potentiel aux cadences de production d'avant-crise prévu entre 2023 et 2025 pour les avions monocouloirs." Airbus est aujourd'hui calé sur une cadence de 40 A320 par mois et vise une cadence 43 au troisième trimestre et de 45 au quatrième trimestre.

Airbus confirme l’ensemble de ce qui avait été défini lors du lancement du projet. A savoir : l’utilisation d’une partie de l’ancien site Jean-Luc Lagardère, anciennement dédiée à l’A380, pour y déployer une ligne de production ultra moderne capable d’assembler tous les représentants de la famille A320, et en particulier le plus grand d'entre eux, l'A321, et ses versions rallongées LR et XLR.

Un investissement dont le groupe ne donne pas le montant mais qui se chiffre entre 50 et 100 millions d’euros, d’après une source interne, et qui va permettre de maintenir des centaines d’emplois suivant les cadences de production. L'avionneur précise toutefois que cette FAL remplacera l'une des chaînes actuelles de Toulouse.

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Un outil ultra moderne

Ce projet était très attendu par les organisations syndicales. D’abord parce que l’A321neo représente le plus fort levier de croissance pour l’avionneur pour les prochaines années : ce monocouloir dont les versions rallongées sont capables d’effectuer des vols jusque-là réservés aux long-courriers représente désormais plus de la moitié des quelque 5650 A320 en carnet de commandes. Un appareil ultra rentable qui devrait être de plus en plus plébiscité par des compagnies aériennes cherchant à réduire leurs coûts.

Cette ligne d’assemblage est aussi cruciale pour l’avenir industriel du site toulousain d‘Airbus. Car aujourd’hui, les chaînes d’assemblage françaises sont bien trop vétustes pour pouvoir produire l’A321neo. L’appareil est pour l’heure uniquement assemblé en Allemagne, à Hambourg, qui possède un total de quatre lignes modernes dédiées à l’assemblage des A320, mais aussi aux Etats-Unis, à Mobile (Alabama).

"Cette chaîne d’assemblage A320 modernisée à Toulouse, qui ajoutera une ligne d’assemblage de nouvelle génération au système de production des monocouloirs Airbus, contribuera à améliorer le flux industriel global, la qualité, la compétitivité ainsi que les conditions de travail", souligne Airbus.

Une bouffée d'oxygène

La confirmation de cette chaîne flambant neuve permet in fine au site de Toulouse de rester durablement dans la course. D’autant que la répartition industrielle historique entre la France et l’Allemagne au sein d’Airbus ne semble plus si avantageuse. Alors que l’assemblage des long-courriers (A330, A350 et A380) a été dévolu à la France, où ne se trouve que deux lignes d’A320, les allemands se sont fait une spécialité de l’A320. Or la pandémie mondiale a porté un coup durable au marché des long-courriers, plaçant le site toulousain en zone critique.

L’annonce d’Airbus est donc une bouffée d’oxygène pour les équipes occitanes, d’autant qu’elles paient le plus lourd tribut au plan de réduction d’effectifs mis en œuvre par le groupe pour s’adapter à la baisse de charge de près de 40% engagée pour faire face à la crise. Le site toulousain concentre 3378 suppressions de postes, sans licenciements secs, sur 4248 en France. La chaîne d’assemblage de l’A321neo devrait au passage attiré des collaborateurs venus de plusieurs programmes, A380 en tête.

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