La Direction d’Airbus Defence & Space (ADS) a annoncé vendredi 19 juin à ses syndicats un renforcement de son "plan de réduction d’effectifs" dévoilé le 19 février, du fait des conséquences de la crise liée au COVID-19. Le nombre de postes supprimés passerait de 2 362 à 2 665 en Europe, dont 464 postes en France (au lieu de 404) – relativement épargnée par rapport à l’Allemagne ou l’Espagne -, soit 6,4% des effectifs, a appris L’Usine Nouvelle.
En février, le plan faisait état de 404 postes supprimés en France, sur un total d’environ 7 200 salariés, sur la base du volontariat sur les différents sites d’ADS : 260 à Toulouse (Haute-Garonne), 92 à Elancourt (Yvelines), 9 encore en balance entre ces deux sites, 7 à Bezons (Val d’Oise) et 36 au sein de plusieurs filiales. Les postes supplémentaires devraient principalement toucher Toulouse et Elancourt, mais la répartition n’est pas encore dévoilée.
Les craintes de la CFE-CGC
La CFE-CGC s’étonne néanmoins des raisons invoquées par la direction d’ADS. "Les marchés de l’espace et de la défense sont très peu touchés par cette crise du Covid-19, estime Thierry Prefol, délégué syndical central CFE-CGC, auprès de L’Usine Nouvelle. Quant à l’ « atonie du marché spatial », elle est derrière nous. S’il est vrai que le marché spatial a été faible en 2017 et 2018, il est en train de repartir. Le nombre de satellites de télécommunication commandés en 2019 a été bien supérieur aux deux années précédentes ; l’ESA a augmenté son budget de 20% lors de la ministérielle de novembre dernier ; de nouveaux marchés apparaissent, telle que la Défense spatiale, et même pendant la période de confinement plusieurs contrats ont été gagnés par Airbus Defence & Space."

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L'enjeu de la rentabilité
Mais le plan est aussi lancé pour des raisons de rentabilité. En 2019, Airbus Defence and Space a engrangé un chiffre d’affaires de 10,9 milliards d’euros, en retrait de 1% par rapport à 2018, mais a enregistré un volume de prises de commandes inférieur, à 8,5 milliards d’euros (+1%). Au final, sans prendre en compte les éléments exceptionnels tels que la nouvelle charge de 1,2 milliard d’euros liée à l’A400M, le résultat opérationnel s’élève à 565 millions d’euros, accusant une baisse de 40%... Ce qui conduit à une marge opérationnelle de 5,2%, deux fois inférieure à celle de la division aviation commerciale.
En France, les effectifs de la division portent principalement sur l’activité spatiale, et peu dans la défense. La CFE-CGC s’inquiète que "ces réductions d’effectifs arrivent à contre temps, risquant à la fois de nous priver de compétences clé et de créer des surcharges de travail importantes dans certains secteurs". Ainsi, suite au plan social réalisé en 2014/2015, "le niveau de fatigue, de stress et le nombre de burn-out avaient alors explosé", assure Thierry Prefol.
Il réclame à la direction de ne réaliser aucun départ contraint, de mettre en place des mesures d’accompagnement. Un comité social et économique central de Airbus Defence & Space doit se tenir le 24 juin. Les syndicats comptent dans la foulée déclencher des expertises, afin de "voir la cohérence du plan proposé par la direction et si des propositions alternatives permettraient de réduire le nombre de postes supprimés". Les instances du personnel seraient probablement consultées en septembre.
En février, la direction avait assuré que le plan de restructuration ne passerait pas en France par la case licenciements.



