Air France va déployer l’IA générative pour la maintenance des avions... et bien plus encore

Air France a dévoilé l’état de ses travaux sur l’utilisation de l’intelligence artificielle générative, qui concernent quelque 80 projets plus ou moins avancés. La maintenance des avions fait partie des cas d’usages les plus prometteurs, avec une mise en œuvre de l’IA prévue avant la fin de l’année. Reste à former les techniciens, cet outil n’étant pas infaillible.

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Technicien Air France Industries à Paris CDG
L'intelligence artificielle générative s'immisce pas à pas dans les activités d'Air France. Quelque 80 projets sont en cours d'exploration.

Où est Charlie ? Réponse : au niveau de la maintenance des avions. Et cela constitue une petite révolution chez Air France. La compagnie aérienne française a en effet donné ce nom à un outil mettant en œuvre l’intelligence artificielle (IA) dite générative, comme l’a annoncée l’entreprise, mercredi 29 mai. Elle a par la même occasion dévoilé une poignée de projets – sur plus de 80 – basés sur la même technologie, à différents stades de maturité. Le projet "Charlie", dont l’étude de faisabilité s’achèvera courant juin, représente le cas d’usage le plus en lien avec les activités industrielles du groupe. Il pourrait être déployé sur le terrain d’ici la fin de l’année.

«L’intelligence artificielle générative peut permettre d’accéder plus rapidement aux documents techniques liés à une pièce dans le cadre d’une opération de maintenance, précise Julie Pozzi, responsable data et IA chez Air-France KLM. Cette aide à la recherche documentaire pourrait s’avérer précieuse alors que nombre de ces opérations sont menées entre deux vols, avec un temps très limité.» En lieu et place des épais documents papiers, les équipes auront accès aux innombrables références de pièces des constructeurs via leurs tablettes numériques.

Un intérêt précoce pour l'exploitation des données

Autre avancée attendue avec Charlie : pouvoir identifier plus rapidement les causes de pannes en capitalisant sur l’expérience collective des mécaniciens. Un usage en cours d’expérimentation au niveau de l’aéroport Paris-CDG et de celui d’Amsterdam-Schiphol. Ceci dit, les utilisateurs de Charlie ne devront pas prendre ses réponses pour argent comptant. «Il faudra acculturer les techniciens, dans la mesure où l’intelligence artificielle générative ne fournit pas toujours les réponses les plus justes, souligne Julie Pozzi. Chaque information qu’elle fournit doit être vérifiée.»

Car, comme son nom l’indique, l’IA dite générative, contrairement à sa déclinaison plus classique capable en particulier de classifier les data, élabore de nouvelles données en grande partie via l’apprentissage induit par son utilisation. Et n'est pas à l'abri de commettre des erreurs. L’outil grand public ChatGPT en est aujourd’hui la plus marquante application, qui a bousculé nombre d’industriels, y compris un groupe comme Airbus. Si Air France s’est tournée vers cette technologie début 2023, la compagnie aérienne assure avoir compris dès les années 90 l’intérêt du traitement massif de données, prémices de l’intelligence artificielle. Avec une montée en puissance à partir des années 2000.

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Une panoplie d'outils voit le jour

L’intelligence artificielle s’est peu à peu imposée au sein des différentes activités d’Air France. «Celle-ci est d’ores et déjà mise en oeuvre au sein du groupe dans le cadre de son chatbot Louis, lancé dès 2017, pour aider les passagers tout au long de leur parcours, rappelle Julie Pozzi. Il est utilisé directement par les passagers, par les salariés en contacts avec eux et par les conseillers téléphoniques du groupe.» Et il fournit aujourd’hui 30% de réponses aux questions, contre 20% lors de son lancement. Si les opérateurs d'Air France peuvent se servir de l'IA générative pour répondre aux requêtes des clients, il n'est pour l'heure pas question que ces derniers y soient directement confrontés. En raison des impairs dont elle peut faire preuve, la technologie est encore réservée aux professionnels au sein de la compagnie aérienne.

Alléché par les capacités croissantes de l’IA générative, Air France n'en a pas moins démultiplié les projets exploratoires ces derniers mois. Parmi eux, "Pamelia", en phase de test à Paris-CDG : accessible aux agents en aéroport, cet outil permet de répondre aux questions des passagers, concernant aussi bien les formalités, les bagages autorisés ou bien encore les transports d’objets et d’animaux… Avec "Fox", Air France veut analyser les retours de ses usagers, bons ou mauvais, via les messages laissés aux services clients. Pour ses besoins internes, Air France développe aussi l’outil "Talia", prévu quant à lui pour la rédaction d’emails, l’organisation d’événements et la recherche d’informations. Malgré ses faiblesses, l'IA génère d'immenses espoirs.

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