Ca va un peu mieux pour deux grands corps malades des transports français. La SNCF et Air France retrouvent (un peu) le sourire à l'occasion de la présentation de leurs résultats du deuxième trimestre 2022.
Air France-KLM a fait état vendredi 29 juillet d'un bénéfice opérationnel au titre du deuxième trimestre, grâce à la reprise de la demande. La compagnie aérienne franco-néerlandaise, qui affiche un bénéfice d'exploitation de 386 millions d'euros sur la période mars-juin, table sur un résultat opérationnel "nettement positif" au troisième trimestre et s'attend à ce que son résultat d'exploitation sur l'ensemble de l'année 2022 s'inscrive dans le vert, pour la première fois depuis 2019. Le groupe précise qu'Air France et KLM figurent "parmi les compagnies aériennes les plus actives en réponse à la reprise des voyages", avec un coefficient d'occupation de 82,8% au deuxième trimestre (contre 30,8% au printemps 2021).
Sur la période mars-juin, le groupe aérien affiche un cash-flow libre d'exploitation ajusté positif, à 1,5 milliard d'euros (en amélioration de 1,3 milliard d'euros par rapport au même trimestre en 2021), "grâce à un Ebitda positif et à des ventes de billets dynamiques".
La dette nette du groupe s'établit désormais à 6 milliards d'euros, en baisse de 2,2 milliards par rapport à la fin 2021, "grâce à un flux de trésorerie opérationnel libre ajusté positif et à l'émission de droits réalisée en juin 2022."Le groupe souligne avoir déjà levé 2,8 milliards d'euros sur l'augmentation de capital de quatre milliards d'euros annoncée en février dernier et précise qu'il envisagera "plus tard en 2022-2023 (...) une éventuelle émission d'obligations hybrides pour un montant pouvant atteindre 1,2 milliard d'euros sous réserve des conditions de marché."
Le groupe, qui a reçu le soutien des Etats français et néerlandais pour faire face aux difficultés du secteur aérien lors de la pandémie, souligne qu'"Air France a remboursé 1,6 milliard d'euros d'obligations perpétuelles de l'Etat français (coupon inclus)" et que KLM "a entièrement remboursé le RCF soutenu par l'Etat et le prêt direct de l'Etat néerlandais pour un montant de 942 millions d'euros".
Bénéfice aussi à la SNCF
Côté SNCF aussi, les voyants sont au vert. Le chiffre d'affaires du premier semestre est en hausse de 27%, à 20,3 milliards d'euros. Il dépasse même celui de la même période de 2019, avant la crise. L'Ebitda a plus que doublé à 1,6 milliard d'euros et le bénéfice net atteint 928 millions d'euros. L'entreprise ferroviaire dégage même un cash flow libre positif d'1,1 milliard d'euros, grâce à son plan d'économies. La SNCF est tirée à la fois par son activité de transports de voyageurs (avec un CA en hausse de 36%, tiré par l'activité "loisirs", la clientèle professionnelle restant en déclin) et celle de logistique et de transport de marchandises avec Geodis (+34%). La reprise du trafic ferroviaire est aussi une bonne nouvelle pour l'activité Réseau, dont les revenus augmentent de 14% par rapport au premier semestre 2021.
La SNCF affirme donc tenir la trajectoire financière sur laquelle elle s'était engagée lors de la reprise d'une partie de sa dette par l'Etat en 2019. Dette qui atteint 24,3 milliards d'euros à la mi-2022, en recul de 12 milliards d'euros par rapport à fin 2021. "Les différentes activités du Groupe devraient faire preuve de résistance jusqu’à la fin de l’année 2022, malgré le contexte inflationniste", anticipe l'entreprise, qui est relativement protégée des hausses de prix de l'énergie, grâce accès à une électricité à tarif plancher grâce au relèvement exceptionnel du volume de l'Arenn.
Avec Reuters


