Accord d’achat entre Sanofi et CD&R pour Opella, la participation de Bpifrance pas encore confirmée

Sanofi a signé l’accord d’achat avec le fonds américain CD&R pour lui céder 50% des parts d’Opella, sa division Santé grand public qui détient notamment le Doliprane. Bpifrance deviendrait toujours minoritaire à 2% mais ce n’est pas encore confirmé. L’opération devrait être finalisée au deuxième trimestre 2025.

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Doliprane
Le fonds américain CD&R a conclu un accord d'achat avec Sanofi pour s'emparer de 50% du capital d'Opella, la division Santé grand public qui comporte la star Doliprane. En revanche, la cession de 2% à Bpifrance n'est pas encore confirmée.

C’est signé, mais pas encore finalisé. Sanofi a annoncé le 19 février l'accord d’achat d’actions qui valide la cession de 50% des parts de sa division Opella au fonds américain CD&R. Pour le laboratoire français, cette étape suit «la finalisation du processus d’information et de consultation des instances représentatives du personnel concernées». La finalisation de cette opération demeure prévue «au plus tôt au deuxième trimestre 2025». Il reste à obtenir les dernières approbations réglementaires pour la valider. Sanofi conserva ainsi au moins 48% du capital d’Opella.

La prise de participation de Bpifrance dans Opella pas confirmée

Car le projet porte aussi sur une prise de participation de Bpifrance à hauteur de 2%. Toutefois, selon le document universel pour l’exercice 2024 déposé par Sanofi mi-février 2025, «les conditions de l’investissement de Bpifrance font l’objet de négociations en cours». Le laboratoire français n’a jamais souhaité cette prise de participation, qui résulte davantage d’une conséquence de l’émotion suscitée par ce projet de cession du Doliprane. Dans une interview au Monde, juste après l’annonce d’une discussion exclusive avec CD&R, Paul Hudson, le directeur général de Sanofi soulignait notamment que dans les discussions avec le gouvernement sur ce dossier « [avoir] fait des compromis, mais [penser] que le gouvernement a obtenu exactement ce qu’il espérait. Cela inclut le rôle de la banque publique Bpifrance au sein du conseil d’administration d’Opella ».

D’ailleurs, Sanofi avait nettement reconsidéré ses ambitions au sein d’Opella depuis l’annonce, fin 2023 d’un projet de séparation de ces activités pour se recentrer sur les médicaments et les vaccins innovants. Au lieu d’une cession en bourse d’une grande majorité du capital, le laboratoire avait finalement modifié ses objectifs initiaux et décidé de ne finalement pas trop se couper des apports d’Opella.

Une valeur d'entreprise de 16 milliards d'euros pour Opella

Le prix d’acquisition des parts n’est pas encore officialisé, mais toutes les négociations sont menées sur une valeur d’entreprise de 16 milliards d’euros. Ce qui, très schématiquement et théoriquement, aboutit à environ 8 milliards d’euros pour CD&R, et à environ 320 millions d’euros pour Bpifrance. Cela demeure une somme très conséquente pour l’État, d’autant plus dans un contexte économique tendu pour les finances publiques et alors que le gouvernement actuel réévalue ses efforts d’investissement dans l’industrie.

Depuis l’annonce en octobre dernier du projet avec CD&R, Opella ne fait plus partie intégrante des comptes de Sanofi, qualifiée froidement «d’activité abandonnée». Pour l’exercice 2024, le groupe a publié un chiffre d’affaires de 41,08 milliards d’euros, en hausse de 8,6% sur un an. Chiffre qui ne compte donc plus Opella (Sanofi avait enregistré un total de 43,07 milliards en 2023). L’an dernier, cette division Santé grand public a enregistré une croissance de 4% de ses ventes, à 4,95 milliards d’euros, ce qui est toutefois moins que les 5,18 milliards d’euros de 2023 car depuis un an, le portefeuille de marques a encore un peu réduit pour Opella, passant de 117 à 100 marques environ. Le résultat net s’est aussi nettement contracté, limité à 64 millions d’euros en 2024 comparé à 338 millions l’année précédente. Dans son rapport annuel, Sanofi explique ce différentiel par «l’accélération du projet de transformation de l’entité autonome Opella, l’enregistrement en 2024 des coûts de transaction encourus en vue du transfert d'Opella» ou encore par «une charge nette d’impôt de 122 millions d’euros relative au coût fiscal de la restructuration juridique du périmètre d’Opella».

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