Le français Vicat franchit un pas de plus dans sa marche vers la fabrication d’un ciment bas carbone. Le groupe démarre à l'automne 2021 la construction d’une unité de calcination des argiles sur son site de Xeuilley (Meurthe-et-Moselle), au sud de Nancy. Le projet baptisé « Argilor » mobilise 40 millions d’euros d’investissement, dont 13 millions d'euros financés dans le cadre du fonds de décarbonation de l’industrie de France relance. Le nouvel équipement doit permettre à la cimenterie lorraine d’abaisser de 16% ses émissions de gaz à effet de serre à sa mise en service en 2023, soit un gain de 48 500 tonnes de CO2 par an.
Argiles calcinées pour remplacer le clinker
Le site de Xeuilley qui compte 75 salariés emploiera les argiles calcinées pour remplacer partiellement le clinker. La production de ce dernier constituant est en effet à l’origine d’une grande part de l’impact carbone des cimenteries. Les roches argileuses seront extraites dans une carrière du groupe également située à Xeuilley. Elles seront concassées, séchées, puis activées par passage à 850°C dans un échangeur thermique cyclonique. Elles se substitueront jusqu’à 50% au clinker dans les nouvelles gammes de Vicat.
« Ces nouveaux ciments compléteront notre gamme de solutions bas carbone Déca, avec des performances équivalentes aux ciments conventionnels. Ils constitueront une réponse supplémentaire pour la RE2020 [la nouvelle réglementation environnementale des bâtiments neufs, ndlr] », éclaire Guy Sidos, le PDG du groupe Vicat.
Première mondiale pour Vicat
Le projet constitue une première mondiale pour le groupe de 9 900 salariés qui a réalisé 2,8 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2020. Comme l’explique Marie Godard-Pithon, directrice performances et investissements de Vicat, « si nous produisions déjà des ciments à base d’argiles calcinées sur notre site brésilien, nous n’avions en revanche jamais été aussi loin dans notre stratégie de décarbonation qu’à Xeuilley ».
En effet, parallèlement au projet Argilor, la cimenterie lorraine a déjà substitué 80% de ses combustibles fossiles (charbon, petcoke) par des combustibles dits « alternatifs » : combustibles solides de récupération (CSR), farines animales, fines de bois, etc. Vicat souhaite aller encore plus loin sur ce plan. Ses cinq cimenteries françaises devront atteindre l’objectif de 100% de combustible de substitution d’ici à 2030.



