Dans l'Aube, Thales déménage et s'agrandit. Le groupe, leader mondial des hautes technologies avec 81000 salariés et un chiffre d’affaires de 18,4 milliards d’euros en 2023, a présenté, le 13 février, l’extension de son site actuel. Désormais porté à 5000 m² dans le parc du Grand Troyes, à Saint-Savine (Aube), ce projet bénéficiera d’un investissement de 10 millions d'euros. La construction devrait s’achever au deuxième semestre 2026, bien que la direction évoque une possible ouverture pour le premier semestre 2027, tout en garantissant la continuité des livraisons.
Ce site, spécialisé dans la fabrication de cartes électroniques et de calculateurs embarqués pour l'avionique et la connectivité avion-sol, reflète la montée en puissance des systèmes de communication par satellite dans l’aéronautique mondiale. «La connectivité des aéronefs est un secteur en pleine croissance, et ce segment évolue plus vite que le reste du secteur aéronautique et d'autres métiers», estime Nicolas Bonleux, vice-président de Thales Aerospace Communications, interrogé par L’Usine Nouvelle. «La croissance rapide de notre centre d’excellence troyen illustre la réussite de l’intégration de Cobham Aerospace Communications au sein de Thales», ajoute-t-il dans un communiqué.
Eviter la saturation
Thales veut capitaliser sur cette intégration. L'une des premières décisions depuis l’acquisition de Cobham Aerospace Communications - qui appartenait auparavant au groupe britannique Cobham avant d’être racheté par Thales en 2024 pour 1,1 milliard de dollars - a donc été de renforcer ce site dans l’Aube. Cobham avait déjà inauguré, en janvier 2024, une nouvelle ligne d’assemblage automatisée. Cet investissement de deux millions d’euros avait permis de multiplier par cinq la production. Mais face à une demande croissante et une dynamique commerciale inédite pour Thales, ces efforts se sont révélés insuffisants pour éviter la saturation.
«Nous étions déjà sur une trajectoire de croissance avec une visibilité à long terme. L'activité se développe grâce aux défis modernes de l'aéronautique, notamment la demande accrue pour la sécurité en vol et l'optimisation des trajectoires», analyse Nicolas Bonleux. Aerospace Communications, fondée en 1923 en France, a ouvert une usine à Troyes il y a 50 ans et a réalisé en 2023 un chiffre d’affaires de 200 millions d'euros. Le groupe prévoit de continuer à recruter une dizaine de salariés par an pour son site, portant ainsi son effectif total au-delà des 110 personnes employées à Troyes.
Troyes renforce sa place industrielle
Après des entreprises comme Clarins, le parc industriel du Grand Troyes continue d'attirer de nouveaux investisseurs. Les acteurs locaux, dont le maire François Baroin, mettent en avant «la stratégie menée il y a une vingtaine d'années, consistant à acheter des terrains pour les mettre à disposition des entreprises, pour un coût de 23 millions d’euros», explique France 3. Interrogé par L’Usine Nouvelle, Business Sud Champagne constate «une nette accélération des investissements, illustrant le succès du parc». Le permis de construire pour ce site doit être déposé dans les prochaines semaines.



