La start-up strasbourgeoise Superbranche, qui développe des nanomatériaux pour le diagnostic et le traitement du cancer, franchit une nouvelle étape dans son développement avec une levée de fonds de 13 millions d’euros. Ces fonds vont lui permettre d'accélérer sa mise en production.
L’entreprise, créée en 2019, est issue d’un laboratoire de recherche du CNRS, l’institut de physique et chimie des matériaux de Strasbourg (Bas-Rhin). Elle développe des nanoparticules d’oxyde de fer dotées de propriétés magnétiques, habillées de molécules qui les rendent injectables et qui peuvent être utilisées, lors de la même injection, à la fois pour le diagnostic et la thérapie du cancer.
Ce nanomatériau dit théranostique, en raison de cette double propriété, va pouvoir entrer en production à partir de septembre 2025. La moitié environ des 13 millions d’euros va servir à implanter une usine pilote à Sélestat (Bas-Rhin).
Le bâtiment de 450 mètres carrés, déjà existant, sera équipé de salles blanches modulaires, qui pourront être déplacées en fonction des besoins de la production. L’objectif pour l’équipe de Superbranche est de produire des nanoparticules de grade GMP. «Nous voulons produire entre 1 et 4 kilos annuel d’ici 2028 pour pouvoir démarrer les essais cliniques pour des patients atteints du cancer du pancréas», détaille Delphine Felder-Flesch, directrice de recherche au CNRS, présidente et fondatrice de Superbranche.
L’usine va permettre d’agrandir l’équipe, qui compte 12 personnes, avec une dizaine de nouveaux profils, dont des opérateurs, des ingénieurs, des biologistes, un pharmacien. L’autre moitié de la levée de fonds, réalisée auprès de Bpifrance dans le cadre de France 2030, de Capital Grand Est et avec d’autres investisseurs privés, sera investie dans la poursuite de travaux de R&D précliniques et la conduite d’essais précliniques, avec en vue l’accélération de l’entrée en phase clinique. Cinq emplois doivent aussi être créés dans ces activités.



