À Rouen, Lubrizol se met en ordre de marche pour servir à nouveau ses clients

Un an après le gigantesque incendie de Rouen (Seine-Maritime), Lubrizol est à nouveau en mesure de répondre aux commandes de ses clients. Le chimiste a annoncé le 22 septembre la mise en place d'une nouvelle organisation logistique sur le site.

Réservé aux abonnés
photo prise par Lubrizol le 4 novembre de l'usine de Rouen
Un point final vient d'être mis aux opérations de nettoyage sur le site Lubrizol de Rouen (Seine-Maritime).

"Nous venons de vivre deux crises majeures successives. L’entreprise a été de ce fait fragilisée mais elle fait face", a soutenu Isabelle Striga, présidente de Lubrizol France, au cours d’une conférence de presse au siège de l'entreprise à Rouen (Seine-Maritime) mardi 22 septembre. Une allusion à l’incendie hors normes du 26 septembre 2019 suivi du confinement général inédit du printemps 2020.

Fin des opérations de nettoyage

Un an après l’incendie, un point final vient d’être mis au déblaiement et nettoyage des 11 000 mètres carrés de zones endommagées. Le fabricant d’additifs pour huiles moteur et lubrifiants se dit prêt à servir à nouveau ses clients. "À compter du 1er octobre, nous serons à nouveau en mesure de répondre aux commandes des clients", indique Isabelle Striga.

À l’écouter, la filiale française - pourtant peu productive depuis un an - dispose toujours du soutien entier de la maison-mère américaine, Lubrizol Corporation. "Nous sommes la plus grosse filiale étrangère de Lubrizol Corporation. Il y a ici des équipements, des salariés et du savoir-faire", défend la présidente de Lubrizol France qui compte 400 salariés à Rouen (effectifs de l'usine, du siège social et des services supports européens).

Deux autorisations de l'État pour le redémarrage

Après avoir réduit de 80 % son stockage de produits conditionnés (qui ont brûlé le 26 septembre), revu son organisation logistique en juste à temps et accru les protections incendie sur ses installations, Lubrizol a obtenu deux autorisations successives de l’État pour redémarrer progressivement ses activités.

En décembre 2019, le chimiste classé Seveso seuil haut avait été autorisé à un premier redémarrage partiel, avec la relance de deux unités de mélanges d’huiles et d’additifs. En juillet 2020, une étape supplémentaire de réouverture était franchie avec la production de dispersants, composés qui servent à disperser les résidus de combustion dans les huiles moteur pour espacer les vidanges.

"Nous gardons tous nos salariés"

Selon Isabelle Striga, l’activité de l’usine de Rouen a été réduite d’un tiers par rapport à ce qu’elle était un an plus tôt. L’essentiel des produits intermédiaires est ainsi désormais acheté à l’extérieur ou acheminé depuis l’usine Lubrizol du Havre (Seine-Maritime). "Mais nous gardons tous nos salariés", souligne la dirigeante, insistant sur "le collectif créé avec les salariés qui a permis de faire face à la catastrophe de l’incendie et au déferlement d’informations inexactes".

Dans un dossier de presse, la direction de Lubrizol a jugé utile de mettre en exergue une vingtaine d’informations qu’elle présente comme "fausses" publiées par les médias depuis un an et d’y répondre. Ainsi, concernant les affirmations sur la présence de dioxines, Lubrizol répond : "Il n’y avait aucun produit chloré sur le site. Or, seuls les produits chlorés peuvent produire de la dioxine."

Lubrizol planche sur la décarbonation de l'économie

Interrogée sur l’avenir de l’entreprise face à la décarbonation de l’économie, Isabelle Striga a indiqué que le groupe Lubrizol planchait actuellement sur "l’adaptation des huiles moteur aux moteurs hybrides" et qu’il se positionnait aussi sur "l’électrique et la mobilité de demain".

Si Lubrizol est dans les starting-blocks pour le redémarrage, il n’en est pas de même pour son voisin NL Logistique (cinq salariés), filiale du groupe de transport Normandie Logistique, qui ne rouvrira pas. "Notre site est à l’arrêt depuis le sinistre. Nous ne pouvons pas le reconstruire avec les normes actuelles", indique Sylvain Schmitt, président de Normandie Logistique. Pour rappel, sur les 9 000 tonnes de produits qui ont brûlé dans l’incendie du 26 septembre, 4 500 tonnes se trouvaient dans des entrepôts de NL Logistique, dont 1 600 tonnes stockées pour le compte de Lubrizol.

Abonnés
Le baromètre des investissements industriels en France
Nouvelles usines, agrandissement de sites industriels existants, projets liés à la décarbonation… Retrouvez dans notre baromètre exclusif toutes les opérations classées par région, par secteur industriel, par date d’annonce et de livraison.
Je découvreOpens in new window
Newsletter La Quotidienne
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.