Alors qu'il représente actuellement 8% du chiffre d'affaires de la protection des plantes, soit 170 millions d'euros, le secteur du biocontrôle - ces alternatives non chimiques aux pesticides - s'est fixé comme objectif de dépasser de 30% son chiffre d'affaires d'ici à 2030. Pour atteindre ce palier, il pourra compter sur le soutien du ministère de l'Agriculture. Présent lors des Sixièmes rencontres annuelles du biocontrôle, le 21 janvier, le ministre de l'Agriculture Didier Guillaume a annoncé la publication prochaine d'une feuille de route. L'objectif ? Définir les mesures de soutien au secteur pour les cinq prochaines années.
Quatre axes prioritaires
Si le contenu de cette feuille de route n'a pas encore dévoilé, Virginie Alavoine, responsable du service des actions sanitaires de la Direction générale de l'alimentation, en a évoqué les principaux axes.
Première priorité du gouvernement: la recherche et l'innovation. "Pour accompagner les agriculteurs, nous devons être en mesure de leur apporter des solutions", a d'ailleurs martelé Didier Guillaume. "La recherche est un facteur clef de la réussite de la filière", a complété Virginie Alavoine.
Les entreprises membres de l'association IBMA, qui regroupe les fabricants de biocontrôle, se sont fixé pour objectif de pouvoir proposer deux solutions de biocontrôle pour chaque couple plante / bioagresseur. Pour multiplier les alternatives, elles comptent déjà sur un programme de recherche de 30 millions d'euros. Une somme que Didier Guillaume s'est engagé à stabiliser dans les prochaines années.
Le biocontrôle figure d'ailleurs dans la liste des secteurs prioritaires du Pacte productif.
Accentuer le déploiement
La feuille de route s'attaquera également à la question du déploiement de ces solutions sur le territoire. "Il n'y aucun intérêt à trouver des solutions si les agriculteurs ne s'en emparent pas", reconnaît Virginie Alavoine. C'est pourquoi la responsable a évoqué le renforcement des réseaux de déploiement du type des fermes Dephy (Démonstration, expérimentation et production de références sur les systèmes économes en produits phytosanitaires), prévu dans le cadre du plan Ecophyto de réduction du nombre d'intrants.
"Je suis convaincue du rôle que peuvent jouer les structures collectives", explique Virginie Alavoine qui promet déjà la mise en place de stations de démonstration. Elle a également mentionné la mise en place d'un réseau de surveillance du territoire et des sols, sans pour autant en dévoiler d'avantage.
La formation des jeunes
Pour compléter son engagement sur le sujet, le gouvernement a annoncé vouloir travailler à la formation des jeunes agriculteurs. Il ne s'agirait pas de rejeter le modèle actuel, veut rassurer le ministre de l'Agriculture: "il nous a permis d'avoir une alimentation saine, sûre et d'être autonome", indique-t-ildans un message que l'on peut voir comme une réponse aux déclarations de la ministre de la Transition écologique et solidaire, Elisabeth Borne, vendredi 17 janvier, qui évoquait pour sa part "un modèle agricole arrivé à bout de souffle".
La feuille de route du secteur est actuellement en discussion entre les ministères de l'Agriculture, de la Recherche et de l'Economie. Elle devrait être publiée dans les jours à venir.



