A quoi ressemblera le marché des phytosanitaires en 2025 ? La question agite les entreprises de l'agrochimie. Malgré une hausse conjoncturelle de 8% de la consommation de phytosanitaires en 2018, la tendance est, sur le long terme, à la baisse. Selon les chiffres communiqués ce 15 janvier 2019 par l'Union des Industries de Protection de la Plante (UIPP), le marché des phytosanitaires a diminué de 29% en valeur à euro constant depuis le début des années 2000.
Analyser l'impact de sept facteurs de changement sur les cinq années à venir
Un chiffre qui oblige les industriels à se questionner sur leur avenir. Pour les aider, la fédération qui regroupe 19 industriels et représente 96% du marché des agrochimistes en France, a mené une étude auprès d'experts du secteur pour déterminer les grandes tendances qui vont agiter le secteur dans les prochaines années.
Au total, sept facteurs de changement sont analysés parmi lesquels la réglementation, la labellisation mais également l'arrivée de nouveaux matériels. "Cette étude analyse notamment l'impact des politiques publiques, du contexte réglementaire, de l'essor du label HVE (haute valeur environnementale) sur les volumes de produits, la part du biocontrôle ou encore le type de produits commercialisés", précise Eugénia Pommaret, la directrice générale de l'UIPP. Résultat : tous conduisent à une baisse des volumes.
Le contexte réglementaire, principale source de changement
Sans surprise, c'est l'évolution législative qui, selon les experts interrogés, pourrait créer la plus grande rupture avec la tendance actuelle. Outre les volumes, le changement réglementaire se fera sentir également sur la part du biocontrôle, sur la proportion d'agriculture biologique et la toxicologie des produits qui resteront sur le marché. "L'adoption de la nouvelle PAC, les dispositions de la loi EGALIM ou encore la mise en place d'un label CAB (conversion agriculture biologique) vont avoir un effet sur les produits proposés. Nous nous attendons à voir un appauvrissement de l'offre", note Eugénia Pommaret.
L'essor du désherbage mécanique
Autre élément de bouleversement envisagé : le développement du désherbage mécanique. Pour les experts, cette solution va avoir tendance à progresser, encouragée par les politiques publiques comme le plan de réduction d'usage des pesticides Ecophyto 2. "D'après notre étude, il n'y a aucun doute que cette solution va affecter à la fois les volumes de phytosanitaires utilisés, mais également le type de produits achetés", précise Eugénia Pommaret.
La solution combinatoire plébiscitée
Reste à savoir ce que les industriels de l'agrochimie vont faire de ces informations. "Les résultats de cette étude sont des éléments que nous devons prendre en compte pour éclairer nos investissements futurs" explique Bruno Baronne, président de l'UIPP et de Syngenta France.
Aucun élément chiffré n'a été divulgué par l'UIPP quant aux baisses de volumes attendues ni leur équivalent en terme de part de marché. Le président de la fédération confirme toutefois que chaque entreprise fait déjà ses projections et travaille à trouver des solutions. "Aujourd'hui, toutes les entreprises du secteur s'intéressent à la recherche sur le biocontrôle mais également au digital, à l'agriculture de précision, ou au mécanique... La solution se trouve probablement dans le combinatoire entre ces techniques et l'utilisation des pesticides", ajoute le représentant du nouveau numéro 1 de l'agrochimie qui n'hésite pas à rappeler que 50% du biocontrôle et 40% des produits utilisés en agriculture bio sont déjà produits par les membres de l'UIPP.



