C’est à proximité de son usine de moteurs thermiques de Douvrin, dans le Pas-de-Calais, que Stellantis a inauguré le 16 juin sa première école de formation dédiée aux métiers de la batterie. Le symbole est fort. D’autant plus qu’un ministre, Olivier Dussopt, en charge du travail, du plein emploi et de l’insertion a fait le déplacement.
Une formation en deux temps
Dans cette «école», 40 stagiaires seront formés par session. Ils vont suivre 400 heures de formation dédiées à l’acquisition de nouvelles compétences autour de la fabrication des batteries. Car ce centre de formation ne forme pas à un métier spécifique mais permet de s’acclimater à l’environnement d’une gigafactory et de découvrir plusieurs fonctions.
«Composé d’un plateau technique, d’une salle sèche et d’une ligne virtuelle, ce centre de formation permet aux stagiaires de travailler dans l’ambiance d’une usine de batteries», explique Sébastien Guffroy, responsable de développement à l’AFPI, le pôle de formation de l'UIMM (Union des Industries et Métiers de la Métallurgie) dans la région. Les différents process sont présentés dans une vidéo. «Chaque étape de fabrication est détaillée et accompagnée d’une interview d’un conducteur de ligne en gigafactory qui explicite sa mission», poursuit-il. 150 heures de formation sont dispensées sur le site de Douvrin. A l’issue de celle-ci, les stagiaires poursuivent leur formation sur le site ACC de Nersac, en Charente qui dispose d’une ligne pilote.
Une reconversion pour les salariés du thermique
Car Stellantis et ACC sont partenaires sur ce projet. La formation délivrée par cette école est certifiante et permet aux stagiaires de signer un contrat en CDI chez ACC à Billy-Berclau, à quelques mètres de Douvrin, et ce, sans période d’essai. C’est ce qui a motivé Freddy Louchart, conducteur d’installation usinage pendant 35 ans à Stellantis. «Soit j’attendais que le site de moteurs thermiques de Douvrin ferme et que je sois muté dans n’importe quel autre site du groupe, soit je saisissais cette opportunité de formation pour continuer à travailler à proximité de chez moi. » A 55 ans, il n’a pas eu peur de retourner sur les bancs de l’école. «Je change complètement de métier. Avant j’étais en bleu de travail, désormais j’enfile une combinaison blanche.» Il vient de débuter sa formation et sera, si tout se passe bien, certifié en septembre. «Je ne vais plus du tout fabriquer les mêmes produits. J’ai troqué les lubrifiants et autres produits graissants contre un environnement de travail où je dois désormais traquer la moindre poussière, où tout est très propre.»

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La formation est proposée aux salariés de Stellantis mais aussi aux demandeurs d’emploi, aux sous-traitants et aux fournisseurs d’ACC. A l’horizon 2025, 600 salariés de Stellantis Douvrin devraient ainsi être formés pour rejoindre ACC, sur un effectif total de 720 personnes. Même si quatre organisations syndicales (CFDT, FO, CFE-CGC, CFTC) ont signé en 2022 un accord de reclassement, pour Fabrice Jamart, secrétaire CGT, l’accès est trop restrictif. «Il faut passer trois entretiens pour pouvoir intégrer cette école. Certaines personnes, malgré de nombreuses années d’expérience dans le thermique, ont été refusées», déplore-t-il.
Une filière pour répondre à des besoins colossaux
Les besoins en ressources humaines des gigafactories sont considérables : 1200 emplois directs et 3000 indirects pour Verkor à Dunkerque, dans le Nord, 2500 emplois pour Envision AESC à Douai (Nord). 2000 pour ACC à Billy-Berclau (Pas-de-Calais) ou encore 3000 emplois directs et 12 000 indirects pour le dernier venu ProLogium à Dunkerque.
Pour répondre à cet enjeu, le Conseil régional des Hauts-de-France et une quarantaine de partenaires (constructeurs automobiles, filière automobile, acteurs du monde académique et universitaire) ont lancé en avril le projet de formation, Electro’Mob. Doté de 25 millions d’euros, il doit notamment permettre de faciliter la formation des opérateurs. Le plateau technique du «Battery training center» de Douvrin a d’ailleurs été soutenu à hauteur d’un million d’euros (500 000 euros provenant de la Région et l’Etat, 350 000 euros de Stellantis et 150 000 euros de l’UIMM).
Le ministre du Travail espère qu’une «telle école sera appelée à être dupliquée. Les évolutions technologiques ne doivent pas être perçues comme une menace Certes, le progrès est toujours accompagné d’inquiétude. Mais il peut être une superbe opportunité et une source de création d’emplois. Cette école est une belle première brique dans la construction d’une nouvelle filière», conclut-il.



