C’est l’un des plus gros projets d’usine dévoilés lors de la dernière édition du sommet Choose France le 19 mai, mais aussi l’un des plus abstraits. Dans son communiqué, l’Elysée a révélé «des discussions préliminaires» entre le géant taïwanais des puces électroniques Foxconn et les français Thales et Radiall. Pour un investissement qui pourrait dépasser les 250 millions d’euros, les acteurs envisagent de créer en France une usine d’assemblage et de test externalisée de semi-conducteurs.
Si «le projet est encore en cours de construction», insiste le directeur général de Radiall, Luc Kaës, l’objectif est de «s’équiper en France d’une capacité industrielle qui n’existe pas aujourd’hui». L’usine est question doit être dédiée à l’étape qui succède à la fabrication des puces : celle de l’assemblage de différents composants et de test du système électronique complet.
Une usine adaptée aux moyens volumes
En réalité, cette activité n’est pas complètement absente de France puisque le fabricant de semi-conducteurs STMicroelectronics dispose de capacités par exemple. Mais elles sont dédiées à ses propres usages et, surtout, elles n’ont pas le bon dimensionnement. «Les moyens industriels de ST sont adaptés aux gros volumes, en millions de pièces ; nous, nous avons besoin d’une capacité industrielle qui soit optimisée pour traiter des volumes moyens et une plus grande variabilité de systèmes, ce qui implique des outils de production différents. Or cela, ça n’existe pas aujourd’hui en Europe et on y a difficilement accès en Asie», appuie Luc Kaës.
Radiall, qui compte 3500 salariés dans le monde, dont la moitié en France, et 12 usines dont quatre dans l’Hexagone, est un fabricant de connectique pour environnements sévères – comme les avions, les satellites, mais aussi des applications industrielles et médicales – avec par exemple des températures pouvant varier de – 40 à +30 degrés. «Nous fabriquons de plus en plus de systèmes intégrés complexes, dans lesquels nous assemblons des récepteurs optiques, des lasers et des puces, avec de l’intelligence à bord, précise le directeur général. Aujourd’hui, on veut aller plus loin, en proposant des systèmes plus performants et plus intégrés encore. C’est pour ça qu’on a besoin d’avoir notre propre capacité industrielle d’assemblage et de test.»

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«L’avantage de Foxconn, c’est son savoir-faire»
C’est pour répondre à ses propres besoins que Thales est engagé dans ce projet, le groupe de haute technologie développant des composants électroniques spécifiques pour ses cockpits d’avion et pour ses systèmes satellitaires et de défense. «Nous sommes en discussions avec d’autres possibles partenaires en France et en Europe, dont certains qui nous ont contacté après Choose France», ajoute Luc Kaës. Le montant de l’investissement pourrait d’ailleurs aller au-delà des 250 millions d’euros en fonction du nombre de partenaires qui rejoindraient le projet.
Le rôle de Foxconn dans tout ça ? Amener la technologie. «L’avantage de Foxconn, c’est son savoir-faire, souligne le directeur de Radiall. Cela va nous aider, notamment pour bien dimensionner notre outil industriel et pour choisir les bons équipements.» Les délais d’approvisionnement en machines spéciales de microélectronique seront d’ailleurs l’un des points de vigilance des trois partenaires.



