Le ciel se dégage pour les compagnies aériennes. Après l’Amérique du Nord et la Chine, l’Europe voit à son tour son trafic aérien reprendre des couleurs. Eurocontrol a publié jeudi 1er juillet des données démontrant une reprise nette d’activité, à quelques semaines des vacances d’été. EasyJet a par exemple opéré mercredi 30 juin un total de 458 vols, soit une hausse de 125% sur les deux dernières semaines. Une dynamique également suivie, mais dans une moindre proportion par Air France (+20%), KLM (+28%), SAS (+52%) et Turkish Airlines (+16%).
De bons chiffres qui confirment une tendance engagée depuis plusieurs semaines déjà en Europe, sur fond de ralentissement de la pandémie. Depuis le début du mois de juin, le trafic aérien y enregistre une croissance continue, permettant certains jours de flirter avec les 20 000 vols. Certains pays comme la France, l’Allemagne, la Grèce, l’Espagne ou bien encore l’Italie voient bondir leur trafic aérien avec des croissances à deux chiffres par rapport à 2019.
Le trafic américain en plein boom
"Les contraintes sanitaires ont été globalement assouplies en raison de l’amélioration de la situation sanitaire", résume Rémy Bonnery, expert aéronautique au sein du cabinet Archery Strategy Consulting. Un regain d’activité qui pourrait être mis à mal par la propagation du variant Delta en Europe. Fin juin, l’Allemagne a notamment restreint son accès aux personnes en provenance de Russie et du Portugal, où ce variant faire repartir à la hausse les cas de contaminations. Malgré ces signaux forts de reprise, le nombre de vols quotidien courant juin restait en Europe deux fois moins élevé par rapport au mois de juin 2019, toujours selon Eurocontrol.

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La reprise du trafic aérien sur le Vieux Continent ne connaît en effet pas encore l’ampleur du rebond constaté dans d’autres régions du monde. Fin juin, le trafic aérien était en baisse de seulement 19% aux Etats-Unis par rapport à 2019, de 7% en Chine et de 32% au Moyen-Orient. Aux Etats-Unis, les réservations pour la période juillet-août ont atteint 85% du niveau de 2019, contre 36% en 2020, selon l’Association du transport aérien international (IATA). United Airlines a d'ailleurs démontré son optimisme en passant commande en début de semaine pour 270 appareils, 200 Boeing 737 MAX et 70 A320neo.
En Europe, un manque d'harmonie
L’entrée en vigueur jeudi 1er juillet du pass sanitaire européen pourrait-elle changer la donne, en incitant davantage la population à reprendre l’avion? Ce sésame, dénommé officiellement "certificat Covid numérique", est censé faciliter la circulation au sein de l’Union européenne, puisqu'il permet d’éviter les quarantaines et la multiplication des tests. Vaccination, test, immunité… Il doit, via un QR code, fluidifier les passages aux frontières.
Sur le papier, l’initiative ne peut que ravir les acteurs du transport aérien. Mais dans les faits, sa mise en musique n’est pas si simple… "Dans une lettre envoyée hier aux chefs d'État de l'UE, l'industrie a exhorté les dirigeants à harmoniser les normes et les protocoles de vérification du DCC [pass sanitaire européen, ndlr], afin d'éviter les files d'attente inutiles dans les aéroports et d'assurer une expérience passager fluide", a fait savoir l’IATA le 29 juin dernier.
Un retour à la normale prévue pour 2024... au mieux
Et l’association d’affirmer qu’il existe pas moins de dix approches différentes en la matière au sein des 27 Etats-membres. Et ce, malgré la concertation assurée entre la Commission européenne et l’industrie du transport aérien. "Combiné à un manque d'intégration complète et efficace du DCC dans le voyage des passagers, ainsi qu'à la multiplication des contrôles de documents, l'état actuel des choses menace le succès du redémarrage du transport aérien cet été et compromettra la libre circulation des citoyens à travers l'UE", assène l’IATA. D’où l’appel, entre autres, à pouvoir vérifier ces certificats depuis le domicile des passagers, et non pas au niveau des aéroports.
La reprise en cours du trafic aérien semble donc bien fragile. Le retour à la normale ne sera, quoi qu’il en soit, pas pour demain. Dans son scénario le plus optimiste remis à jour en mai dernier, Eurocontrol table sur un retour au niveau de 2019 en 2024 à l’échelle mondiale. Dans son scénario le plus pessimiste, le trafic aérien en 2024 pourrait atteindre seulement 74% de celui de 2019… "Si certains marchés domestiques vont vite repartir, cela ne sera pas le cas pour d’autres zones géographiques où les campagnes de vaccination sont moins avancées", explique Rémy Bonnery. A l’échelle de la planète, la convalescence du trafic aérien est loin d’être terminée.



