Corrosion, insectes, moisissures… Comment Airbus aide à remettre sur pied les avions stockés

Alors que le trafic reprend des couleurs, les compagnies aériennes remettent en service des appareils stockés, pour certains, dans de mauvaises conditions. Ces derniers mois, Airbus leur a prêté main-forte pour relever ce défi industriel inédit.

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Timelapse avions
Le trafic aérien reprend des couleurs... Mais après une si longue pause, passage en revue obligatoire de l'état des appareils. Airbus veille au grain.

Alors que les compagnies aériennes voient se profiler un été prometteur, les milliers d’avions parqués au sol appartiendront bientôt au passé… Mais leur remise en service ne sera pour autant pas de tout repos. Après des mois passés au sol en raison de la pandémie mondiale, certains avions nécessitent une réactivation sous haute surveillance. Pour parer les risques et assurer un retour en vol des flottes d’appareils sans incidents, avionneurs et motoristes accompagnent les compagnies aériennes. Airbus a levé le voile, mercredi 23 juin, sur ces activités de services effectués en coulisses.

"Habituellement, les avions sont stockés dans des endroits secs avec des conditions optimales d’immobilisation, explique Claire Kaufmann, responsable des services de maintenance programmée chez Airbus. Mais l’arrêt brutal du trafic aérien et les contraintes sanitaires ont parfois conduit les compagnies aériennes à les stocker dans des zones moins favorableset parfois sans les outillages de maintenance adaptés".

Mobilisation générale

Une immobilisation au sol massive et désordonnée, entamée dès le printemps 2020, qui a obligé Airbus à un accompagnement de chaque instant pour sa flotte composée de quelque 8 000 avions dans le monde. Plusieurs centaines de salariés de différents services ont été mobilisés depuis un an et sont aujourd’hui encore au chevet des compagnies aériennes, restés sur les sites de l'avionneur ou pour certains mobilisés sur place.

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Un soutien d’autant plus critique que les compagnies aériennes ont de nouveau besoin de leurs avions : l’écart du trafic aérien par rapport à 2019 est revenu au mois de juin à -40%, contre -80% en avril 2020. Et 75% de la flotte d’Airbus est de nouveau en opération. Principaux événements surveillés par l’avionneur qui pourraient perturber l’exploitation des flottes : les prélèvements d’air au niveau du moteur permettant entres autres d’assurer la pressurisation de la cabine et les mesures de vitesse au sol.

Un passage en revue des risques

La première mission assurée par l’avionneur ? Définir les risques pour anticiper les problèmes. Nids de rongeurs, d’oiseaux et d’insectes, pouvant générer des dommages sur les réseaux électriques et obstruer des systèmes, corrosion au niveau des entrées d’air et du mat de drainage, perte de capacités des batteries, obstruction des sondes Pitot indiquant des vitesses erronées, humidité dans la cabine entraînant l’apparition de moisissures et la décoloration des tissus… Entre la mousson en Inde et des scorpions retrouvés à l'ombre d'une roue, l'immobilisation au sol des avions n'a pas toujours été paisible pour les compagnies aériennes.

"Nous avons très rapidement établi des recommandations pour alerter les compagnies aériennes sur les risques et sur les tests à effectuer pour s’assurer du bon fonctionnement des systèmes, précise Claire Kaufmann. Nous avons aussi publié des alertes pour rappeler l’importance d’installer des mesures de protection sur les équipements les plus critiques, en particulier les sondes Pitot. » Un travail inédit par son ampleur et sa nature.

Des formations adaptées pour les équipages

Que les avions soient parqués (pendant une durée de temps courte pour être prêts à revoler) ou stockés (pour une durée de temps plus longue), les programmes de maintenance sont en temps normal définis dans les moindres détails. La pandémie a désordonné les procédures habituelles. "Au-delà du travail d’anticipation, nous avons analysé les retours de la part de nos clients afin d’identifier en amont l’émergence de problèmes possibles, relève Claire Kaufmann. Et au final, il y en a eu très peu."e

Autre pilier de ce soutien : la formation renforcée pour les équipages en vol. "Plutôt que de maintenir des briefings où sont répétés les procédures standards, nous avons conseillé de souligner avant tout les points critiques", détaille Xavier Pépin, en charge de la formation et de l’assistance en vol. Une adaptation du personnel qui est aussi passé par des séances en simulateur avec des scénarios adaptés à la crise sanitaire. L’avionneur a également sensibilisé les équipages à l’importance accrue des inspections extérieures de l’état de l’avion et de la surveillance des systèmes en vol.

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