Le groupe papetier italien Sofidel (6 800 salariés et 2,8 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2022) a annoncé début 2024 l'installation d'une seconde chaudière biomasse sur son site de Frouard, dans l'agglomération de Nancy (Meurthe-et-Moselle) pour 12 millions d'euros. La chaleur produite participera à une étape essentielle de la fabrication de papiers d’hygiène : essuie-main, mouchoirs, papiers-toilette, essuie-tout, etc. En effet, Sofidel estime que ses procédés de séchage bénéficieront à terme d'une énergie décarbonée à 95%, soit une baisse de ses émissions de CO2 de 21 000 tonnes par an. Les travaux de construction de cette unité de 8 mégawatts, cofinancée par l'Ademe dans le cadre de l’appel à projets national BCIAT (Biomasse chaleur industrie agriculture et tertiaire), démarreront à l’automne 2024 en vue d’une mise en service en 2025.
Sylvain Bickel, responsable opérationnel de Sofidel France, insiste sur le fait que ce projet «est de nature à pérenniser notre site et ses 503emplois», dans un contexte de tension sur les prix des énergies et des matières premières. Il évoque un marché des papiers d’hygiène «plutôt stable», avec des produits commercialisés par son usine en France, au Bénélux et en Allemagne sous les marques Sopalin et Le Trèfle, mais aussi sous des marques de distributeurs.
Un approvisionnement en bois 100% français
Le site de Frouard, seconde usine du groupe en France avec Roanne (Loire), a commencé par améliorer son efficacité énergétique entre 2007 à 2011. La mise en service d’une première chaudière biomasse (10 MW) en 2014 a permis de décarboner la vapeur produite par les cylindres sécheurs à hauteur de 65%. La nouvelle unité de 8 MW portera ce seuil à 95%. Pour s'alimenter, l’usine consommera 22 000 tonnes de plaquettes par an. Ces dernières seront issues de résidus de l’exploitation forestière puisés à 80% dans le Grand-Est, 15% en Bourgogne-Franche-Comté et 5% en Allemagne et en Belgique.
Avec l’investissement dans une seconde chaudière biomasse, la papeterie lorraine parachève un programme de transition climatique entamé par sa maison-mère en 2008 via la signature du programme «Climate savers» du WWF (World Wildlife Fund). Le groupe a prolongé dernièrement cette stratégie en visant la neutralité carbone à l’horizon 2050.



