Une cinquantaine d'emplois sont menacés au sein de l'entreprise Givaudan Lavirotte, implantée depuis plus de 100 ans à Lyon (Rhône) et placée en liquidation judiciaire lundi 24 février par le tribunal des activités économiques de Lyon. Ce site de productions d'actifs pour la nutrition emploie 51 salariés. Un PSE est en préparation selon le syndicat Force Ouvrière.
Givaudan Lavirotte est un fabricant historique de sels minéraux fondé en 1906. Une autre branche de cette entreprise lancée par les Suisses Léon et Xavier Givaudan et l'industriel français François Lavirotte, est devenue un leader des ingrédients et parfums pour la cosmétique, dont le cœur battant est à Grasse (Alpes-Maritimes). Les deux branches ont été séparées en 2011.
Transferts de production
Depuis cette date, Givaudan Lavirotte dépend d'Isaltis, lui-même acquis par le chimiste de spécialités canadien Lallemand en 2018, via sa branche Macco Organiques. «Depuis cette époque, nos brevets et nos savoir-faire ont été transférés vers d'autres usines du groupe au Canada ou en Europe de l'Est où le coût du travail est moins élevé», déplore Stéphane Lelard, délégué syndical Force Ouvrière. Pour le syndicaliste, l'absence d'investissements sur le site lyonnais conjuguée à la concurrence d'autres usines Macco Organiques a détourné les clients comme Nestlé ou Danone. D'autre part, les services de l'État ont mené plusieurs inspections qui ont abouti à des fermetures administratives.
Contactées, la direction d'Isaltis France, qui a son siège à Lyon, et celle du groupe Lallemand à Montréal refusent de donner plus d'éléments à ce stade. Isaltis justifie cette fermeture par une «baisse des commandes». L'usine ne fabrique plus qu'un dérivé du calcium et du magnésium. L'effectif, qui était proche de 70 personnes en fin d'année dernière, est tombé à 51 salariés. Un plan de sauvegarde de l'emploi serait en préparation. Isaltis Macco Organiques, qui se présente comme le leader mondial des sels minéraux de haute pureté, possède une autre usine en France, à Thenioux (Cher).
De son côté, le chimiste familial Lallemand exploite 49 usines dans le monde, dont deux usines de ferments et bactéries à Aurillac (Cantal) et la Ferté-sous-Jouarre (Seine-et-Marne). Il a investi 1,5 million d'euros dans l'extension de son laboratoire de R&D à Blagnac (Haute-Garonne) l'an passé.



