Y aura-t-il de la place pour tout le monde ? Réunis à Paris Porte de Versailles les 4 et 5 juin pour le salon Drive to zero, les acteurs de la décarbonation des mobilités ont échangé pendant deux jours autour des enjeux qui leur font face. La transition vers un nouveau système de mobilité n’est pas dépourvue de défis pour les industriels, qui évoluent dans un écosystème en pleine structuration. Et dans lequel certains petits poucets tentent d’imprimer leur marque face à des mastodontes du secteur.
Un exemple qui illustre le besoin et la difficulté de structuration d’une filière qui regroupe des acteurs de l’énergie comme de l’automobile concerne la mise en oeuvre de la norme ISO 1518-20. Derrière son appellation aride se cachent de multiples applications appelées à rythmer dans un futur proche le quotidien des Français propriétaires d’un véhicule électrique : recharge bidirectionnelle V2X, sécurité d’utilisation des stations de recharge, Plug&Charge (reconnaissance automatique d’un véhicule électrique par la borne de charge à laquelle il est branché) ou encore recharge inductive.
Des normes pas si standardisées que ça
«C’est un standard large qui amène de nombreuses fonctionnalités avancées» pour les conducteurs, résume Baixin Huang, chef de projet pour le fabricant de bornes de recharge Autel Energy. Mais qui surtout, doit pousser la filière dans la même direction en offrant aux utilisateurs plus de transparence et de facilité d’utilisation. «Mais c’est compliqué, toute l’industrie ne suit pas», se désole Gérald Seiler, ancien de SAP aujourd’hui à la tête de la startup ChargeAngels. Il existe aujourd’hui sur le marché une multiplicité de fabricants et d’opérateurs de bornes avec des logiciels propriétaires pas toujours compatibles avec les abonnements de recharge auxquels sont souscrits les utilisateurs.
Le standard ISO 1518 doit permettre de remettre de l’ordre dans ce Far-West. Pourtant rédigé il y a maintenant dix ans, il commence seulement à se démocratiser. Les grands industriels y sont les plus réticents. Ayant les capacités de développer en interne leurs solutions propriétaires et l’ambition de s’adjuger une solide part du marché de la recharge, ils rechignent parfois à collaborer avec des partenaires.

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Mars 2026
Polypropylène - 05-1-52 Chutes PP rigides naturelsVariation en €/tonne
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27 Mars 2026
Gazole France HTT€/litre
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Février 2026
Cours des matières premières importées - Pétrole brut Brent (Londres) en euros€/baril
Maîtriser toute la chaîne de valeur
C’est notamment le cas de constructeurs automobiles européens qui, à l’instar de Tesla, souhaitent maîtriser l’ensemble de la chaîne de la valeur, des véhicules aux stations de charge en passant par les câbles et les protocoles de communication. Ils nourrissent en réalité l’envie de devenir des énergéticiens, capables de jouer un rôle demain dans le gestion du réseau électrique notamment aux heures de pointe. Grâce à la recharge bidirectionnelle, une voiture électrique branchée la journée pourrait par exemple restituer une partie de son énergie pour alimenter un ménage et ainsi participer à la flexibilité du réseau.
Une vraie opportunité commerciale. En France, Renault, qui commercialise la R5, l’une des rares voitures offrant la recharge bidirectionnelle, tente de pénétrer ce segment de marché avec l’aide de sa filiale Mobilize, en fidélisant sa clientèle avec ses offres d’abonnement. Des acteurs de la filière dénoncent cette manière de procéder, estimant qu’elle consiste à enfermer le consommateur sans lui laisser la possibilité de choisir le meilleur prix de la manière la plus transparent possible.



