Leur présence dans notre alimentation ou dans l'eau avait déjà été pointée du doigt par l'association Générations Futures, ce sont désormais les traces des pesticides dans l'air que l'ONG environnementale entend mettre en évidence.
52 substances actives retrouvées
Dans un rapport publié ce mardi 18 février, Générations Futures annonce avoir retrouvé les traces de 52 substances actives de pesticides dans les 1 633 analyses réalisées, en 2017, par le réseau Atmo France (réseau national des Associations de surveillance de la qualité de l’air).
Avec plus de 230 occurrences, le pendiméthaline - une molécule qui bloque la germination ou le développement de jeunes pousses et que l'on retrouve dans l'herbicide PROWL 400 de BASF - est le pesticide le plus présent dans l'air.
Pesticides dangereux et perturbateurs endocriniens
Parmi toutes les substances retrouvées, Générations Futures pointe la présence de pesticides classés comme dangereux par le règlement Reach. "Plus du quart (27,55 %) des quantifications de pesticides dans l’air en 2017 était le fait de pesticides classés CMR (Cancérogène, mutagène et reprotoxique) 1 ou 2 selon l’UE", note l'association dans son rapport.
Plus de 56 % des substances repérées sont des perturbateurs endocriniens, insiste également Générations Futures. "Ces résultats témoignent du fait que l’air est une voie d’exposition réelle des populations à des pesticides perturbateurs endocriniens et/ou cancérigènes, mutagènes ou reprotoxiques", expliqueFrançois Veillerette, directeur de Générations Futures.
Un tiers de pesticides interdits en Europe
Plus étonnant encore, l'association a repéré 14 substances de pesticides interdits en Europe - comme le Lindane, banni depuis 1998 ,ou l'Iprodione - dont les traces dans l'air ont persisté malgré tout.
Au total, ces molécules interdites représentent, en termes de quantification, 30 % des pesticides retrouvés dans l'air. "Ceci est particulièrement préoccupant pour les groupes vulnérables que sont les riverains des zones cultivées, particulièrement exposés", estime François Veillerette.
Alors que le gouvernement a décidé de ne pas repousser au-delà de 5 à 20 mètres la distance minimale de pulvérisation des pesticides près des habitations, et que le Conseil d'Etat doit juger le recours du collectif des maires anti-pesticides, Générations Futures réclame la mise en place de zones tampons pour "mieux protéger les populations les plus exposées en milieu rural". L'association demande également une meilleure information des riverains quant aux produits utilisés près de chez eux.



