[3D Print] Agilité industrielle : les apports de la fabrication additive

Réactivité, fabrication distribuée, production d’outillages pour l’injection plastique, etc., l’impression 3D a de nombreux atouts à faire valoir dans le monde industriel comme l’a montré une table ronde organisée cette semaine au sein du salon 3D Print Paris. Compte-rendu.

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Entre prototypage, fabrication d’outillages et petites séries, l’impression 3D s’impose depuis quelques années à petits pas dans de nombreux secteurs industriels.

“Industrialisation :  comment gagner en agilité industrielle et apporter une amélioration continue à sa production ?”. C’était la question posée ce 11 octobre à l’occasion d’une table ronde animée par Bakhta Jomni, rédactrice en chef adjointe de Plastiques & Caoutchoucs Magazine, dans le cadre du salon 3D Print Paris.

Y participaient : Anthony Seddiki, fondateur de Cosmyx 3D, Jacques Doumeizel, directeur commercial de Microplast, Emilien Goetz, consultant avant-vente chez Siemens Digital Industries Software, Guillaume de Calan cofondateur et Pdg de Nanoe et Kévin Manchon, directeur de 3D Solutions.

Entre prototypage, fabrication d’outillages et petites séries, l’impression 3D s’impose depuis quelques années à petits pas dans de nombreux secteurs industriels : du médical et paramédical à la mobilité au sens large, en passant par l’énergie ou encore la défense. Ses atouts ? Une réactivité à toute épreuve avec la possibilité de fabriquer à la demande et au plus proche du client (la fabrication distribuée chère à Anthony Seddiki de Cosmyx), la réduction des stocks qui en découle, la personnalisation massive, la possibilité de produire des pièces complexes, une faible emprise au sol ou encore sa complémentarité certaine avec l’injection plastique.

 Agilité et rapidité

“Nous réalisons des pièces process pour le secteur automobile, par exemple pour retenir les ouvrants au cours des phases de cataphorèse ou de mise en peinture. Grâce au prototypage rapide que permet la fabrication additive, nous pouvons après validation faire fabriquer les moules pour ensuite injecter plusieurs centaines de milliers de pièces”, illustre Jacques Doumeizel chez Microplast. Le plasturgiste a fait l’acquisition en septembre 2022 d’un parc en réseau d’une quarantaine de machines Cosmyx 3D lui permettant par ailleurs de répondre avec agilité et rapidité aux demandes clients en matière de production ou encore de fabriquer des mains de préhension ou autres outillages nécessaires au process d’injection. “Nous avons ainsi gagner en rapidité lors des phases de montée en cadence notamment pour concevoir l’outillage parfaitement ajusté”, témoigne en substance le directeur commercial.  

“ En imprimant les panneaux de ses trains en 3D, Siemens Mobility peut améliorer en continu leur conception. Et aujourd'hui, le post-traitement permet d’obtenir des pièces à la qualité finale équivalente à l’injection”, indique pour sa part Emilien Goetz. 

Montée en compétence 

Le besoin de compétences et de formations spécifiques constitue cependant encore actuellement un frein au développement de l’impression 3D dans l’industrie. “Nous avons collectivement besoin d’une montée en compétence en matière de design 3D. Les professionnels des bureaux d’études ont davantage l’habitude de dessiner pour répondre aux contraintes de l’usinage ou du moulage pas pour le dépôt de fil ou FDM.  Nous menons d’ailleurs actuellement une réflexion avec Le Campus des métiers et des qualifications aéronautique et spatial (CMQ) d’Ivry pour mettre en place un projet de formation de formateurs”, indique Anthony Seddiki. “La plus grosse partie de la formation s’effectue en interne. Nous avons eu l’appui efficace de Cosmyx 3D sur ce sujet”, ajoute Jacques Doumeizel. “Maîtriser les outils de CAO et de 3D est un minimum. Ensuite, chaque machine et chaque technologie est différente, c’est donc aux fabricants et/ou aux distributeurs de former les utilisateurs”, précise Kévin Manchon, directeur de 3D Solutions. 

“Il existe de nombreuses formations d’ingénieurs ou de techniciens qui incluent des modules sur la fabrication additive”, tempère Guillaume de Calan, Pdg de Nanoe qui conclut son propos sur une anecdote : “j’ai vu plusieurs projets arriver grâce à l’insistance de la dernière recrue en date, un jeune qui possède une imprimante 3D chez lui par exemple, qui glisse à son responsable l’idée d’utiliser la fabrication additive plutôt qu’une autre technologie”.

Une évolution qui se traduit d’ailleurs dans les allées du salon. “sur notre stand, les questions sont aujourd'hui beaucoup plus précises qu’auparavant. Nous sommes devant de vrais cas d’usage de plus en plus intéressants à porter”, note Anthony Seddiki. Les collaborations multiples entre acteurs du secteur sont un autre signe positif. “Cela montre que la fabrication additive est vraiment en train de se rapprocher du monde industriel en termes de maturité et de compétences”, insiste le président de Cosmyx 3D et de l’association Visières solidaires née au début de la crise sanitaire de 2020. 

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