Sentiment mitigé chez Inteva Products. La direction et la grande majorité des organisations syndicales ont signé un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE), dans les tuyaux depuis plusieurs mois. La CFE-CGC et FO ont été les premiers à passer le cap jeudi 14 novembre, rejoints le lendemain par la CFDT et la CFTC, avant une présentation du plan en comité social et économique (CSE) lundi 18 novembre. Seule la CGT n’a pas apposé sa signature. Le plan de restructuration de l’entreprise, spécialiste des systèmes de fermeture et des moteurs de lève-vitre, va se dérouler dans les prochains mois. Il est légèrement moins grave qu’initialement attendu.
Si 131 postes étaient à risque dans les deux usines françaises du groupe, 119 vont finalement quitter l’entreprise. Sur les 21 postes en sursis dans le bureau d’études de Semoy (Loiret), 20 emplois seront finalement supprimés. Dans l’usine d’Esson (Calvados), où 110 collaborateurs (soit la moitié des salariés) étaient sur la sellette, 99 personnes vont perdre leur emploi. Les premiers départs sont attendus en fin d’année 2024 dans les bureaux. Pour les opérateurs en production, la date de départ est fixée au 30 avril.
«La moins mauvaise des solutions»
«C’est bien malheureux ce qui nous arrive, commente Franck Furlan, représentant syndical CFE-CGC dans l’usine. On ne peut jamais se satisfaire d’un PSE. On l’a signé parce qu’on s’est dit que c’est la moins mauvaise des solutions. Ça aurait pu être une fermeture globale des usines en France !»
Inteva Products, groupe américain, a subi de plein fouet fin 2023 l’arrêt inattendu des commandes de l’un de ses clients principaux autour du globe : Renault. Aucune raison particulière n’a été invoquée par le constructeur français sur le plan juridique pour justifier sa décision. Contacté, le constructeur français n’a pas souhaité commenter l’information. En tout état de cause, la rupture est consommée avec l’ancien donneur d’ordre. «On les reverra dans dix ans… s’ils sont toujours là, avec tout ce marasme que connaît l’industrie automobile en Europe», déclare Franck Furlan.

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Nouveau contrat avec Volvo
S’étant subitement retrouvé avec un bilan dans le rouge, Inteva a dû éponger ses pertes financières et partir à la recherche de nouveaux clients pour combler son trou de commandes. «On est compétitifs. Le problème, c’est qu’on a perdu un client du jour au lendemain», tient à rappeler Xavier Leleu, le directeur du site d’Esson. Outre ses contrats avec Stellantis et Volkswagen, Inteva va continuer à fournir la marque Huyndai à horizon 2028 pour les modèles Tucson et i30, que le constructeur coréen assemble en République tchèque. C’est cette prolongation d’activité qui a permis de sauver une dizaine de postes dans l’usine.
Inteva vient par ailleurs de gagner un contrat avec le constructeur suédois Volvo. «C’est un client avec qui nous ne travaillons pas aujourd’hui, se réjouit Xavier Leleu. Nous allons démarrer une activité avec eux en 2026, pour le véhicule EX40.» Le directeur de l’usine d’Esson, bientôt 13 ans de maison après avoir passé une partie de sa carrière chez Valeo, espère que ces contrat – et, il l’espère, bientôt d’autres – vont assurer la pérennité de l’entreprise sur le temps long.



