Le fer sera-t-il le carburant du futur ? C’est la conviction de chercheurs de l’Université de technologie d’Eindhoven (Pays-Bas), qui ont installé fin octobre le premier démonstrateur industriel de chaudière utilisant de la poudre de fer. Il est installé dans une brasserie néerlandaise du groupe Swinkels Family Brewers, où il alimente en chaleur la production de quelques 15 millions de verres de bière par an.
Carburant solide sans CO2
Le principe est simple : si un lingot métallique brûle mal, la poudre de fer, elle, s’enflamme bien au contact de l’oxygène et produit une flamme très énergétique, similaire à celle des combustibles fossiles. Des atouts de poids alors que le fer, contrairement au pétrole, se stocke aisément et ne produit que de la rouille une fois brûlé. Un résidu facile à capturer (il suffit d'une balayette) et sans impact sur le réchauffement climatique.
Si le fer souffre de son poids, important relativement à son apport énergétique, ce handicap ne concerne que les applications mobiles qui doivent transporter avec elles leur source d'énergie. Au contraire, les applications industrielles stationnaires pourraient bien s'accommoder de ce nouveau combustible, capable de conserver de l'énergie très longtemps sans risquer de s'enflammer au moindre choc ou à la moindre étincelle. Contrairement à l'hydrogène, par exemple.
Renouvelable
Autre avantage : en brûlant, la poudre de fer s'oxyde et produit de l'oxyde de fer. Soit plus communément de la rouille. Un procédé réversible expliquent les chercheurs dans un article du journal spécialisé IEEE Spectrum. En utilisant de l'hydrogène à haute température , il serait donc possible de regénérer le fer pur à partir de la rouille, en extirpant l'oxygène accroché aux molécules de fer. De quoi faire de la poudre de fer un vecteur d'énergie infini, espèrent les chercheurs, qui s'attachent maintenant à tester différents procédés destinés à inverser l'oxydation du fer afin d'en améliorer l'efficacité énergétique. Un critère déterminant pour la rentabilité financière et pour l'impact carbone du procédé.
D'autres équipes travaillent sur le sujet. En France, des chercheurs du laboratoire CNRS Promes, utilisent le four solaire d'Odeillo, dans les Pyrénées-Orientales, pour réduire les coûts de la réduction des oxydes métalliques en profitant de l'énergie solaire très concentrée par les gigantesques miroirs de l'installation. Cette fois, ce sont d'autres métaux : le magnésium et l'aluminium, qui servent de matériaux de combustion. Reste qu'à l'instar de la poudre de fer, tous devront passer par des phases de démonstrateurs et prouver leur efficacité pour s’imposer dans la masse émergente d’alternatives au pétrole.



