Transformer les fenêtres en panneaux solaires invisibles? C’est l’objectif du projet mené au sein du Laboratoire de réactivité et chimie du solide du CNRS, à Amiens (Somme), où des chercheurs ont mis au point des cellules photovoltaïques «non intrusives, complètement transparentes et incolores» à rendement élevé, dédiées aux bâtiments intelligents. Brevetées en 2020, ces cellules pourraient, à terme, équiper des surfaces vitrées de bâtiments, mais aussi nos maisons et du mobilier urbain comme les abris de bus. Le projet s’appuie sur la technologie photovoltaïque appelée «cellule à colorant», qui s’inspire de la photosynthèse naturelle.
L’innovation développée par les scientifiques permet de rendre ces pigments invisibles. «Nous avons réussi à développer des pigments moléculaires innovants qui sont sélectifs au proche infrarouge, explique Frédéric Sauvage, qui a dirigé les recherches. Ces molécules laissent passer la lumière visible : elles deviennent donc invisibles à l’œil nu, tout en convertissant l’énergie de la lumière non visible.» Une découverte au potentiel «extrêmement important», ajoute le chercheur, qui rappelle que les bâtiments sont responsables de 30% des émissions de gaz à effet de serre. Moins efficace qu’un panneau solaire conventionnel, la solution pourrait malgré tout fournir la moitié des besoins énergétiques d’une maison dotée de 50 m2 de surface vitrée, estime-t-il. Reste encore à améliorer sa puissance et sa stabilité pour pouvoir l’intégrer à l’environnement réel.

Vous lisez un article de L'Usine Nouvelle 3717 - Avril 2023



