Capables de transporter de l’électricité sans y opposer de résistance et d’émettre des champs magnétiques surpuissants, les supraconducteurs, s’ils étaient exploitables à grande échelle, permettraient de créer des réseaux électriques parfaits, sans perte d’énergie.
De quoi économiser des milliards : aux Etats-Unis, 5 % de l’électricité produite est perdue par la résistance des circuits de transports d’énergie. Ils pourraient aussi faciliter le développement des technologies quantiques ou encore… de trains supersoniques à lévitation.
Mais ces matériaux supraconducteurs, utilisés dans les IRM, les accélérateurs de particules voire le projet de réacteur à fusion nucléaire ITER, font face à un blocage de taille : ils doivent être refroidis aux alentours de -270° Celsius pour fonctionner. Ce qui limite leur usage à des applications de pointe. De nombreuses recherches visent à dépasser ce blocage pour les rendre exploitables à température ambiante.
La dernière en date, menée par des chercheurs de l'université de Rochester (Etats-Unis) et affichée en une de la prestigieuse revue Nature, marque une étape importante dans le domaine : la création d’un supraconducteur fonctionnant à plus de 13° Celsius.
Haute pression
Pour créer ce matériau, les chercheurs ont fabriqué des microsphères faites d’un mélange à parts égales de carbone et de soufre. Ils les ont ensuite compressées entre deux diamants, tout en injectant de l’hydrogène. Et en bombardant l’ensemble de rayons laser, pendant plusieurs heures, afin de changer son architecture chimique. Résultat : un cristal supraconducteur de 30 millionièmes de mètre de diamètre. Qui doit être maintenu à une pression extrême, de l’ordre de 2,6 millions de fois la pression atmosphérique, pour conserver ses propriétés.
Tel quel, le matériau n’est pas apte à sortir du laboratoire : la pression requise à son fonctionnement est trop importante. Il reste donc aux chercheurs à modifier le matériau pour qu’il soit exploitable à température… et pression ambiantes. De quoi les occuper encore quelques années : ils ne connaissent pas encore parfaitement la composition du matériau qu’ils viennent de créer. Ni son fonctionnement.
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