Syensqo explore les alternatives aux produits fossiles dans un nouveau laboratoire à Saint-Fons

Dans la vallée de la chimie, à Saint-Fons, près de Lyon, l'ex-filiale de Solvay Syensqo compte sur son plus grand laboratoire de biotechnologie et de microbiologie Européen pour accélérer le développement de matériaux respectueux de l'environnement. L'installation doit augmenter les capacités de tests de biodégradabilité et d'(éco-)toxicologie du groupe, pour des produits à destination des industriels de la cosmétique, de la chimie ou de l'agrochimie.

Réservé aux abonnés
Laboratoire de microbiologie du centre de r&d de Syensqo Lyon
Le 12 juin, Syensqo a inauguré son plus grand laboratoire de microbiologie européen sur son centre de recherche et innovation à Saint Fons (Rhône).

18% des ventes réalisés à partir de produits dits «circulaires» en 2030 (contre 14% actuellement), c’est l’objectif que s’est fixé le chimiste de spécialité et des matériaux avancés Syensqo. «Notre ambition est d’accroitre la part qui ne provient pas des dérivés de produits fossiles», indique Thomas Canova, directeur recherche et innovation de l'ex-filiale du chimiste belge Solvay, lors de l’inauguration d'un nouveau laboratoire de microbiologie, jeudi 12 juin, à Saint-Fons (Rhône).

Face aux besoins croissants de produits durables, réclamés notamment par l’Europe, le groupe (6,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2023) renforce ses moyens. D’une surface modeste de 550 m² – sur les 28000 m² du centre de recherche – le nouveau laboratoire est présenté comme stratégique. Il renforce ses capacités de développement de produits éco-conçus pour ses clients présents notamment dans les secteurs de la cosmétique, des détergents ou de l’agriculture.

Collaboration interne et open innovation

«Ce laboratoire a une vision holistique», indique le directeur de l’innovation, qui détaille : «On intègre la biotechnologie grâce à laquelle on conçoit des molécules, les tests de biodégradabilité, de toxicité, d'écotoxicité et de microbiologie.» Une capacité d’évaluation qui profitera aux équipes françaises, mais pas uniquement. Le laboratoire collabore avec les autres centres Syensqo à travers le monde, comme celui de Boston, et opère en «open innovation» via des partenariats.

Imaginé il y a cinq ans pour accroitre le nombre de projets d’innovation dans les nouveaux matériaux et la biotechnologie, les locaux ultra modernes, rénovés à partir de bâtiments existants, contribuent directement à la transition du portefeuille de l’industriel. «Nous cherchons à introduire plus de carbone renouvelable en partant de matières renouvelables, à combiner davantage la biotechnologie et la chimie, et à travailler sur la fin de vie de nos produits», explique Thomas Canova qui résume la stratégie du groupe : «Il s’agit d’être à la fois durable et rentable».

Pour y parvenir, les chercheurs du laboratoire de Saint-Fons peuvent compter sur l’apport de technologies parmi les plus récentes, disposant de procédés automatisés et d'outils d'intelligence artificielle générative.

Jusqu’à 50 projets par an

«Nous travaillerons beaucoup plus vite», assure le directeur de l’innovation, qui évoque des tests de biodégradation dix fois plus rapides et, au final, quatre à cinq fois plus de projets délivrés par les équipes. «On va passer d’un maximum de dix à cinquante projets par an», assure-t-il. Une capacité d’innovation au coeur du développement du groupe. En 2024, l’entreprise a réalisé un cinquième de ses ventes avec des produits qui n’existaient pas quatre ans auparavant.

Newsletter La Quotidienne
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.
Les webinars
Les services L'Usine Nouvelle
Détectez vos opportunités d’affaires
28 - 3F CENTRE VAL DE LOIRE
Date de réponse 11/05/2026
Trouvez des produits et des fournisseurs