La robotique de services parviendra-t-elle à voir le jour ? Pour deux de ses plus illustres visages - les robots Nao et Pepper - et les salariés qui les développent, l’avenir s’annonce sombre. Selon un article du média en ligne Le Journal du Net, publié vendredi 11 juin, la branche française de SoftRobotics, basée à Paris, envisagerait un plan social, qui concernerait 165 postes sur environ 330 dans l’Hexagone, principalement dans les services qualité, la vente et le SAV. L'entreprise est née en 2012 du rachat par le groupe japonais Softbank de la pépite française Aldebaran Robotics, créatrice de Nao et Pepper.
Ne confirmant les informations chiffrées, le groupe a seulement indiqué, dans un communiqué de presse diffusé lundi 14 juin, que “face à la pandémie et au ralentissement économique qui en résulte, SoftBank Robotics Europe envisage un plan d'optimisation des effectifs”. Il précise que le processus de réorganisation devrait être achevé d'ici à la fin de l’année 2021.
Absence de marché
Selon le Journal du Net, ce coup dur interviendrait après un relatif échec des robots humanoïdes Pepper et Nao, dont Softbank Robotics aurait vendu seulement 27 000 exemplaires, principalement en Asie. Le média en ligne précise que le roboticien a régulièrement connu des exercices déficitaires, et “a perdu plus de 100 millions d'euros ces trois dernières années”.
Contre l’affirmation du média en ligne selon laquelle le plan social préfigure la fin de la commercialisation de Nao et Pepper en Europe, Softbank Robotics écrit dans son communiqué que “l’un des objectifs du plan est de continuer la commercialisation, les services, le support et la maintenance des robots Pepper et NAO”. Le groupe ajoute que “SoftBank Robotics Europe continuera à faire des investissements importants dans le futur pour créer des robots de nouvelle génération à destination de nos clients et partenaires”. Sans préciser si ces investissements porteront sur l’ancien fleuron d’Aldebaran Robotics : la robotique humanoïde.
Robot aspirateur
Hasard du calendrier ou mouvement stratégique, c’est aussi la direction que semble prendre Softbank Robotics. En janvier, l’entreprise annonçait la création d’une coentreprise dédiée aux robots de nettoyage avec la société japonaise Iris Ohyama. Depuis début 2020 surtout, l’entreprise de robotique mettait en avant Whiz, un cobot autonome dédié au nettoyage industriel.
Ce n’est pas la première fois que la robotique humanoïde de services se heurte à l’écueil du marché. En 2019 déjà, la pépite française Cybedroid mettait la clé sous la porte, faute de financement pour son robot Leenby, que l’on avait pourtant vu servir des cocktails à l’Elysée. Plus récemment, le champion américain Boston Dynamics (racheté par Hyundai à Softbank Robotics en décembre 2020), présentait son nouveau robot, Handle, destiné à décharger les camions. Pas sûr que les jolies bouilles de Nao et Pepper ne suffisent à les sauver.



