Chronique

Le Covid-19, un virus accélérateur d’innovation

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Air Liquide usine Antony (Hauts-de-Seine)
Air Liquide a formé le 31 mars 2020 un consortium avec PSA, Schenider Electric et Valeo pour produire 10 000 respirateurs artificiels en 50 jours.

Mêlant urgence et besoins, les crises sont souvent des accélérateurs de l’innovation. Celle liée à la pandémie de Covid-19 n’échappe

pas à la règle. La crise sanitaire a dopé le déploiement de la fabrication additive, utilisée par des hôpitaux, des industriels et des makers qui se sont mis à produire aussi bien des visières que des pièces de respirateurs et de matériel médical.

Elle a également donné naissance à des partenariats inédits. L’union sacrée entre Air liquide, Schneider Electric, Valeo et PSA, mise sur pied par le gouvernement, en est l’une des illustrations. Tout comme l’initiative Makers for Life. Celle-ci a impliqué une centaine de personnes issues de la recherche avec le Commissariat à l’énergie atomique (CEA), de la santé avec le CHU de Nantes (Loire-Atlantique), et d’industriels tels STMicroelectronics, SEB, Renault, ... En quatre semaines, ils ont conçu un respirateur adapté aux patients atteints de formes graves de Covid-19, open source et coûtant seulement 800 euros. STMicroelectronics a fourni 2 000 cartes électroniques, le fabricant de drones Parrot 1 000 moteurs, une PME a prêté son appareil de test d’une valeur de 50 000 euros. La production se fait dans les usines de SEB et Renault.

Voilà une belle démonstration de ce qu’est l’innovation ouverte, et de la force qu’elle peut avoir. La reprise de l’activité va-t-elle pérenniser ses efforts menés dans un contexte exceptionnel ? Rien ne le garantit. Et ce, alors que l’économie redémarre doucement, que les appels d’offres restent pour beaucoup gelés et les projets d’investissement suspendus.

En période de difficultés financières, l’innovation est souvent remise à plus tard. Actionnaires, banques et dirigeants ont tendance à privilégier une vision court-termiste et comptable pour relancer la machine. Ce serait dommage. D’abord parce que cela tuerait la dynamique sans précédent que cette crise a lancée, et qui a concrétisé des manières d’innover que peu d’innovation labs parvenaient à impulser. Ensuite, parce que dans le monde d’après, ce sont les entreprises résilientes, celles qui s’adaptent le mieux au changement, qui réussiront, comme toujours. Il y aura d’autres crises, climatiques et sanitaires. L’innovation n’est pas à sacrifier en ces temps de reprise, ou plutôt de reconstruction. 

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